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Hockey sur glaceCristobal Huet: «J'ai déjà été un lion, il me convient bien»

Nouveau portier du Lausanne HC, Cristobal Huet est prêt à jouer en LNB, un mardi soir à Küsnacht, et supporter une grosse pression sur ses épaules d'un club qui a fait de la promotion une obsession.

par
Christian Maillard
Cristobal Huet

Cristobal Huet

Sébastien Féval

Cristobal Huet, qu'est-ce qu'un gardien de votre classe fait-il en LNB?

C'est un concours de circonstances qui fait qu'après ce qui s'est passé à Fribourg (Ndlr: Gottéron a finalement renoncé à ses services), j'ai espéré, le plus longtemps possible, retourner en Amérique du Nord. Mais cela n'aurait de toute manière pas marché avec le lock-out. Lausanne est venu vers moi avec une proposition solide, un joli défi sportif. Au niveau familial, il était aussi important pour moi de me stabiliser dans le canton de Vaud. Nos deux parents sont dans le coin et, après avoir beaucoup déménagé, le moment était opportun de construire quelque chose ici, de se poser.

Tout le monde s'accorde à dire, dans le milieu, que vous êtes la pièce maîtresse qui manquait au LHC, le prix à payer pour monter en LNA. C'est flatteur mais aussi une grosse pression sur vos épaules. Êtes-vous prêt à l'assumer?

Sûr qu'avec des responsabilités, il y a une pression inévitable. Cela permet aussi aux joueurs de relativiser en l'évacuant sur moi. Ils pourront ainsi mieux s'exprimer sur la glace. Ça peut aider tout le monde.

Par votre classe, votre présence sera très importante sur la glace mais également, par votre aura, votre expérience, serez-vous tout autant déterminant dans le vestiaire?

Si mes coéquipiers veulent se reposer sur moi, ce ne sera pas un problème. Mais si on veut vraiment réussir quelque chose de bien, tout le monde devra se comporter comme un leader.

Serez-vous le capitaine?

Jamais. Ce n'est pas le rôle du gardien. On a déjà assez de pression, soit se concentrer sur notre premier travail: arrêter le puck.

Quelle image aviez-vous de Lausanne avant de poser votre sac à Malley?

J'ai mes beaux-frères qui ont joué ici. Ils m'en ont beaucoup parlé. Le club s'est bien structuré. C'est très pro pour de la LNB. Ce n'est pas un grand changement par rapport à Fribourg. Ils ont mis des gens de hockey en place. Il y a de nombreux fans et surtout un gros potentiel pour aller en LNA. Le club le mériterait. Maintenant, la formule étant ce qu'elle est, c'est difficile de monter, cela reste un gros challenge et ce serait exceptionnel d'y parvenir.

Quand on a connu la NHL, des matches au Centre Bell ou au Madison Square Garden, de se dire qu'un mardi soir on va aller jouer à Küsnacht, ce n'est pas très excitant, non?

Ce n'est pas la première chose qui m'a fait signer à Lausanne! Maintenant, cela fait partie du challenge. Il faut rester conscient que c'est de la LNB et qu'avec Lausanne il s'agira surtout d'être prêt en fin de saison.

Comment arrive-t-on à se motiver durant cinquante matches de préparation avant que ne démarrent les play-off?

Le mot d'ordre est d'être exigeant envers soi-même et les autres. A nous d'essayer d'imposer notre rythme, de faire notre jeu et construire quelque chose de solide pour arriver en play-off avec de bonnes habitudes. Il y a peu de chance qu'on figure en dessous de la barre. On va se concentrer match après match et parler des finales après. On joue déjà ce vendredi à Bâle, il s'agit de se concentrer sur les petits détails pour arriver à notre objectif. Il n'y a aucune arrogance dans le club mais une grosse attente des gens dans le public. Il ne faut pas se laisser griser avec ça.

Vous est-il déjà arrivé de vous retrouver dans cette situation du Messie dont on attend des miracles?

Je ne sais pas si c'est le cas, mais si on fait quelque chose de bien, chacun aura eu sa part de responsabilité. C'est un sport d'équipe. Personne ne va porter la formation sur ses épaules, même si j'espère pouvoir contribuer au succès.

Stan Wawrinka, qui fait partie du comité d'administration, a contribué, lui aussi, à votre venue. Avez-vous déjà prévu de monter au filet avec lui?

Je veux bien aller sur le court avec Stan, mais si j'ai déjà joué au tennis quand j'étais jeune, je ne pense pas que je tiendrai l'échange avec lui.

Se sent-on bien dans la peau d'un Lion. Est-ce différent d'un Dragon?

J'ai déjà été un lion. C'était à Manchester, en Amérique du Nord, en AHL. Le Lion me convient bien.

Y a-t-il une clause dans votre contrat qui vous permet de jouer également à Genève en cas de nécessité?

Non, il n'y a pas de clause.

A part vous, quels sont les atouts de Lausanne HC pour réussir son objectif?

Je ne connais pas assez le niveau de la LNB, mais chez nous il y a vraiment de bons éléments, une équipe homogène, des joueurs de talent. A mon avis, on est très bien armé.

Vous risqueriez de retrouver David Aebischer lors du match décisif pour la promotion?

On est des amis. Si j'espère qu'on se retrouvera dans cette série, je souhaite, pour lui, que Rapperswil se sauvera avant. Il suffit parfois de deux ou trois blessés, mais pour l'instant, il est difficile de savoir qui va craquer et se faire manger en LNA...

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