Cinéma - Critique: Retrouver «Kaamelott», c’est pousser un Graal de plaisir
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CinémaCritique: Retrouver «Kaamelott», c’est pousser un Graal de plaisir

Sortie tant attendue ce 21 juillet de la suite des aventures du roi Arthur et de sa bande d’incapables. Ouf, ils n’ont pas changé!

par
Michel Pralong

La bande-annonce du premier volet.

Ascot-Elite

Qu’est-ce qu’ils nous avaient manqué! Arthur et sa lassitude à être entouré de bras cassés, Karadoc et sa faim inextinguible, Merlin et… et sa quoi d’ailleurs? Et Perceval, évidemment, avec ses expressions bien à lui. Bien sûr, on les revoyait souvent, en boucle, en rediffusion. Mais c’était comme regarder un album de famille: ce n’est pas la même chose que de les revoir en vrai.

Alors voilà, onze ans plus tard, ils sont à nouveau là, mais au cinéma cette fois. Ils sont presque tous au rendez-vous, à quelques exceptions près, comme Yvain, le maître d’armes ou les maîtresses du roi. Ils ont un peu changé puisque autant d’années ont passé dans la vie que dans le récit. De là à s’être bonifiés… Comme nous, ils ont tous vécu sans Arthur, qui avait disparu. Beaucoup le disaient mort. Mais le revoilà.

De savoureux méchants

Le film envoie du lourd dès le début, en balançant dans des décors maritimes et orientaux deux nouveaux de taille: Guillaume Gallienne et Clovis Cornillac. Des méchants, particulièrement savoureux. D’emblée on retrouve les dialogues d’Astier qui font mouche et qui sont parfaitement adaptés à chaque comédien: Gallienne est une ordure si suave!

Regarder «Kaamelott», à la télé comme au cinéma, c’est attendre des répliques qui promettent de devenir cultes comme on attend une distribution de friandises. Et on n’est pas déçu. Ah, les scènes avec Alain Chabat et Géraldine Nakache! Mais au cinéma, tout prend de l’ampleur. Astier a placé ses personnages dans de vastes décors, il les a vêtus de pourpre et d’or (chapeau les costumes!) et les accompagne avec une musique épique, composée par lui-même et jouée par l’orchestre symphonique de Lyon. La BO est même disponible chez le prestigieux label classique Deutsche Grammophon, c’est dire.

«Kaamelott, premier volet», de et avec Alexandre Astier, France, 120 minutes, sortie le 21 juillet. 10/14 ans.

«Kaamelott, premier volet», de et avec Alexandre Astier, France, 120 minutes, sortie le 21 juillet. 10/14 ans.

Ce qui change le plus par rapport à la série, c’est le rythme, évidemment. Pas question ici d’un enchaînement de mini-scènes, ponctuées des fameuses trompettes de Kaamelott et qui composent autant de mini-histoires. Ici, il s’agit d’une seule aventure, se déroulant sur un temps relativement court. Alors, il y a des respirations, des temps plus calmes, mais aussi de tours de force, allant jusqu’à un siège de château, machines de guerre à l’appui et à une partie endiablée de Robobrole.

Alexandre Astier a écrit son film comme une partition musicale, variant le rythme et où chaque musicien/personnage sonne juste et a son rôle à jouer. Il y ajoute du pathos, avec un flash-back sur sa jeunesse. Et une étonnante scène de tendresse avec Guenièvre qui vous tire presque les larmes. Un tour de force, et vu la scène, c’est vraiment le cas de le dire. Peut-être même y a-t-il quelques fausses notes, mais on était tellement heureux de retrouver tout le monde qu’on ne les a pas entendues. Une fois le film fini, on a juste hâte de le revoir pour se remémorer les bons moments, comme on regarde les photos après une fête réussie. Et on attend déjà la suite avec impatience. Car les deux volets à venir dépendront du succès de ce premier, mais vu le film et l’engouement pour les avant-premières, Astier n’a pas trop de souci à se faire.

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