Etats-Unis: Cyberattaque contre Yahoo: 2 espions inculpés

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Etats-UnisCyberattaque contre Yahoo: 2 espions inculpés

Quatre inculpations au total ont été annoncées mercredi dans le cadre de l'enquête sur le piratage du géant d'internet.

L'attaque avait compromis au moins 500 millions de comptes utilisateurs.

L'attaque avait compromis au moins 500 millions de comptes utilisateurs.

Keystone

Les Etats-Unis ont annoncé mercredi l'inculpation de quatre personnes, dont deux membres des services de renseignement russes FSB, pour une cyberattaque massive dévoilée en 2016 contre Yahoo!. L'attaque avait compromis au moins 500 millions de comptes utilisateurs.

Cette cyberattaque, qui avait démarré en 2014, est considérée comme l'une des plus importantes jamais menée dans le monde, a rappelé le ministère américain de la Justice (DoJ).

Deux des inculpés sont des espions du FSB. Ils sont accusés par le DoJ d'avoir «protégé, dirigé, facilité et payé des pirates informatiques criminels pour collecter des informations par des intrusions informatiques aux Etats-Unis et ailleurs».

Le premier des deux hommes, ainsi qu'un autre spécialiste en cybersécurité du FSB, avait été arrêté il y a quelques semaines en Russie et inculpé pour «trahison» au profit des Etats-Unis, avait indiqué à l'époque un de leurs avocats.

Cyber-pirates les plus recherchés

Deux hackers ayant travaillé pour les espions russes ont aussi été inculpés mercredi aux Etats-Unis: le Russe Alexeï Belan («Magg»), qui figure depuis 2013 sur leur liste des cyber-pirates les plus recherchés, ainsi qu'un double-national canado-kazakh, qui a été arrêté mardi au Canada.

Alexeï Belan avait été interpellé en Europe en 2013 à la demande des Etats-Unis. Il avait réussi à s'échapper vers la Russie où les deux agents du FSB, au lieu de l'arrêter, ont décidé d'avoir recours à ses services et facilité ses activités criminelles. Les deux hommes l'ont aidé à échapper aux enquêtes en cours en Russie ou à l'étranger, selon le DoJ.

Une fois entrés dans les systèmes informatiques de Yahoo!, les pirates ont accédé à 500 millions de comptes d'utilisateurs. Ils ont aussi utilisé certaines des informations volées pour infiltrer des comptes sur d'autres services en ligne comme ceux de Google.

Comptes de journalistes visés

Les pirates ont notamment visé des comptes privés de journalistes russes, de responsables des gouvernements russe et américain, ainsi que de salariés de plusieurs entreprises privées, dont une société de cybersécurité et une société d'investissement russes, une entreprise française de transport, une compagnie aérienne, des sociétés de services financiers et d'investissement aux Etats-Unis, et un gestionnaire suisse de porte-monnaie électroniques utilisant la monnaie virtuelle Bitcoin.

«Avec ces inculpations, le ministère de la Justice continue d'envoyer le message fort que nous ne permettrons pas à des individus, des groupes, des Etats ou une combinaison de plusieurs d'entre eux de compromettre la vie privée de nos citoyens, les intérêts économiques de nos entreprises, ou la sécurité de notre pays», a affirmé la ministre adjointe de la Justice Mary McCord lors d'une conférence de presse.

La Russie n'a pas réagi officiellement. Une «source de haut niveau à Moscou» citée par les agences de presse russes a affirmé que «Washington n'a pas communiqué avec Moscou sur cette affaire par les canaux disponibles pour les problèmes liés à la cybersécurité». Pour cette source, cela «suggère qu'il s'agit du dernier rebondissement dans l'utilisation de la question des hackers russes dans des conflits politiques internes aux Etats-Unis».

Interférences russes

Les inculpations de mercredi interviennent alors que plusieurs enquêtes sont déjà en cours au Congrès américain. Celles-ci visent à établir jusqu'à quel point Moscou a interféré dans l'élection présidentielle de l'an dernier pour favoriser Donald Trump, comme l'affirment les agences du renseignement américaines.

«Les inculpations montrent sans équivoque que les attaques contre Yahoo! étaient soutenues par un Etat», s'est félicité pour sa part Chris Madsen, un des responsables des questions légales au sein du groupe internet.

L'affaire a failli remettre en question le rachat du cœur de métier de Yahoo! par le géant des télécoms Verizon. Celui-ci a finalement obtenu un rabais sur le prix, ramené de 4,83 à 4,48 milliards de dollars (de 4,86 à 4,51 milliards de francs).

(ats)

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