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AutoDakar-2014: "Toujours envie d'aller voir ce qu'on ne connaît pas" (Lavigne) (ENTRETIEN)

"On a toujours envie d'aller voir ce qu'on ne connaît pas", a expliqué à l'AFP Etienne Lavigne, le directeur du Dakar, dont l'édition 2014 traversera en janvier prochain l'Argentine, le Chili et la Bolivie, ce dernier pays étant une nouveauté pour le célèbre rallye-raid.

Q: Quelle a été votre réflexion pour dessiner les contours du Dakar-2014 ? R: "On a toujours envie d'aller voir ce qu'on ne connaît pas. Ce qui nous guide depuis cinq ans, c'est qu'on a des territoires fabuleux. On trouve des zones très désertiques, des pistes de sable, de pierres, des dunes, des rios ... On a une géographie coupée par la Cordillère, avec d'un côté le désert d'Atacama qui offre de la place à la caravane du Dakar, et puis des régions sauvages et des paysages qui nous permettent de faire des choses étonnantes. Pour la première fois, les concurrents du Dakar bivouaqueront dans deux pays différents à certains moments de l'édition 2014. Les motos et quads se trouveront en Bolivie tandis que les autos et camions seront à la frontière entre Argentine et Chili." Q: Pourquoi avoir choisi d'aller en Bolivie ? R: "On s'imaginait aller en Bolivie depuis deux ans. On a fait cinq voyages là-bas, cinq voyages de reconnaissances dans plusieurs régions. La Bolivie possède une très grosse partie de montagnes, avec des très hauts plateaux. Mais comme ça nous plaisait énormément, on s'est dit qu'on allait emmener une partie de la course - les motos et les quads - et seulement elle, découvrir la région de Potosi. C'est là où il y a le désert d'Uyuni, un des plus grands salars (déserts de sel) au monde". Q: Pourquoi seulement les motos et les quads en Bolivie ? R: "C'est plus simple de faire passer des motos que l'ensemble de la caravane. Les routes ne sont pas forcément carrossables pour des autos, mais pour des motos oui. On savait rentrer en Bolivie avec tout le monde, mais on ne savait pas redescendre avec les autos et camions par les itinéraires qu'on avait imaginé". Q: Après cinq ans, le Dakar est donc bien chez lui en Amérique du Sud ? R: "Le Dakar depuis cinq ans, a pris une dimension sud-américaine incroyable. Que ce soit en termes de public, de médiatisation ou de participations de concurrents locaux. En 2013 par exemple, les Sud-Américains représentaient 11 nationalités sur les 53 au départ. Le podium départ de Lima, en janvier dernier, a rassemblé un million de personnes, ce qui dans le domaine automobile est fou! Il y a même une espèce de rivalités entre les pays pour savoir qui aura le départ, qui aura l'arrivée, qui aura le plus grand nombres d'étapes. Car l'épreuve donne des focus sur la beauté de paysages. Il y a un engouement pour une épreuve qui n'était pas forcément connue auparavant, je pense notamment au Pérou qui sera absent en 2014 et qui est très déçu. Et cet engouement fait tache d'huile." Q: Revoir le Dakar en Afrique est aujourd'hui totalement utopique ? R: "Malheureusement pour l'Afrique, l'actualité montre que ça ne s'est pas arrangé depuis notre annulation de 2008 (l'assassinat de Français en Mauritanie en amont de l'épreuve avait entraîné son annulation la veille du départ, ndlr)." Propos recueillis par Frédéric BOURIGAULT fbr/gf/bm

(AFP)

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