Publié

Répression en SyrieDamas et l'ONU signent un accord sur les «bérets bleus»

Le gouvernement syrien et l'organisation internationale ont signé un protocole pour faciliter la tâche des observateurs. Une mission qui devrait compter 250 bérets bleus.

Les bombardements se poursuivent à Homs.

Les bombardements se poursuivent à Homs.

AFP

Damas et l'ONU ont signé jeudi un protocole sur les conditions de déploiement d'observateurs internationaux en Syrie. Ils ne se sont toutefois pas entendus sur la taille de leur mission ni sur l'utilisation de moyens aériens. Depuis le début de la trêve, au moins 130 civils ont été tués.

Le texte signé jeudi «expose dans les grandes lignes les fonctions des observateurs (...), ainsi que les tâches et responsabilités du gouvernement syrien», a précisé le porte-parole de l'émissaire international Kofi Annan, Ahmed Fawzi. Il devrait permettre le déploiement d'un plus grand nombre d'observateurs.

«Cet accord préliminaire a pour objectif de faciliter la tâche des observateurs dans le cadre de la souveraineté syrienne», a pour sa part indiqué le ministère syrien des Affaires étrangères.

Augmenter la taille de la mission

Pour l'heure, seule une avant-garde de six observateurs non armés est présente en Syrie. La mission devrait comprendre un total de 250 observateurs. Mais les diplomates s'interrogent sur la taille de la mission pour qu'elle soit efficace.

Estimant qu'il y avait «une chance de progrès» malgré une trêve «clairement incomplète», le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a prôné l'envoi de 300 observateurs militaires répartis sur une dizaine de sites dans le pays.

Il a aussi demandé à Damas d'accorder une «totale liberté de mouvement» aux observateurs de l'ONU et de faciliter une «opération humanitaire de grande ampleur» pour secourir la population.

Réunion à Paris

À l'issue d'une réunion avec 14 ministres occidentaux et arabes du groupe des «Amis de la Syrie» à Paris, Alain Juppé a indiqué que la France et ses partenaires allaient déposer un projet de résolution au Conseil de sécurité pour mettre en place une mission d'observation «aussi robuste que possible». Mais si le plan Annan échoue, ils envisageront «d'autres options», a menacé le chef de la diplomatie française.

Il faudra «que les observateurs soient dotés de tous les moyens nécessaires à l'accomplissement de leur mandat en disposant des matériels modernes destinés à assurer une surveillance efficace», a- t-il ajouté.

Présente à Paris, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a souhaité des «mesures plus dures» contre le régime de Bachar al- Assad pour obtenir le respect du plan de Kofi Annan, avec une résolution du Conseil de sécurité prévoyant des sanctions et un embargo sur les armes.

Poursuite des violences

La Chine et la Russie, alliés de poids de Damas, n'ont pas participé à la réunion. Moscou a dénoncé une rencontre dont le but n'était «pas du tout la recherche d'un terrain pour parvenir à un dialogue inter-syrien, mais à l'inverse l'approfondissement des contradictions entre l'opposition et Damas».

Une semaine exactement après l'instauration du cessez-le-feu, les violences ont continué. Au moins sept civils ont été tués jeudi par les forces syriennes, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, portant à 130 le nombre de victimes depuis l'entrée en vigueur de la trêve.

Selon l'OSDH, des combats opposaient jeudi également soldats et rebelles dans plusieurs régions, en dépit de la présence des observateurs de l'ONU et des tirs nourris ont fait un mort à l'issue de leur visite à Herak, dans la province de Deraa (sud).

Appel à une intervention militaire

Une vidéo postée sur Internet montre la poursuite jeudi des bombardements à Homs, ville dans laquelle les observateurs n'ont pour le moment pas été autorisés à se rendre, selon Ban Ki-moon. Damas a expliqué cette décision par des «raisons de sécurité».

Accusant Damas de ne pas respecter le cessez-le-feu, le général Moustapha Ahmed Al-Cheikh, chef du Conseil militaire de l'Armée syrienne libre a estimé que le plan Annan était «voué à l'échec». Il a appelé à une intervention militaire rapide «des pays amis du peuple syrien pour mener des frappes chirurgicales sur les installations clés du régime».

(ats/afp)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!