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SyrieDamas s'insurge contre l'unification de l'opposition

Le régime a qualifié mercredi de «déclaration de guerre» la réunion de l'opposition au régime de Bachar al-Assad tenue la semaine dernière à Doha.

Les rebelles contrôlent leurs munitions.

Les rebelles contrôlent leurs munitions.

ap

Le régime Assad a dénoncé avec véhémence la reconnaissance de la Coalition par la France ainsi que son éventuel armement des rebelles.

Réagissant pour la première fois depuis la formation de la Coalition à Doha la semaine dernière, le vice-ministre syrien des Affaires étrangères Fayçal Mekdad a dénoncé une position «immorale» de la France.

La France a reconnu mardi la Coalition comme «seule représentante du peuple syrien et donc comme le futur gouvernement provisoire de la Syrie démocratique».

Evoquant une «position arrogante» dictée, selon lui, par «le passé colonialiste de la France», Fayçal Mekdad a estimé que «cette ingérence flagrante dans les affaires intérieures syriennes viole la charte des Nations unies».

Voyant dans la réunion de Doha une «déclaration de guerre», Fayçal Mekdad a en outre accusé l'opposition de ne pas vouloir «résoudre pacifiquement la crise» en refusant «tout dialogue avec le gouvernement».

Rejet d'une intervention étrangère

«Nous sommes prêts à discuter avec l'opposition syrienne qui a sa direction en Syrie et pas avec celle qui a été fabriquée ou dirigée ailleurs», a-t-il poursuivi, alors que Damas et ses alliés ont multiplié les appels aux négociations, rejetés par l'opposition qui exige avant tout le départ de Bachar al-Assad.

Fayçal Mekdad a en outre accusé la France, pour qui la question de l'armement des rebelles sera «nécessairement reposée», d'être «responsable de la mort de milliers de Syriens» en apportant «un soutien financier et technique aux terroristes», auxquels Damas assimile les insurgés. Il a encore jugé «inacceptable» un éventuel armement des rebelles par Paris.

Soutien armé requis

Le chef fraîchement élu de l'opposition, Ahmad Moaz al-Khatib, a pour sa part réclamé à l'étranger des «armes appropriées». Si plusieurs Etats du Golfe, notamment le Qatar, appellent à armer la rébellion, des pays Occidentaux, Etats-Unis en tête, refusent cette option, redoutant qu'elle ne tombe aux mains d'extrémistes.

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a en outre annoncé mercredi que le président de la nouvelle Coalition de l'opposition syrienne, cheikh Ahmad Moaz al-Khatib, effectuera dans les prochains jours une visite en France, sur invitation de Paris.

Les Etats-Unis nuancent

«Je suis encouragé par le fait que l'opposition syrienne a créé un groupe dont la cohésion pourrait être plus grande que par le passé», a déclaré mercredi Barack Obama lors d'une conférence de presse.

Toutefois, «nous ne sommes pas prêts à les reconnaître comme une sorte de gouvernement en exil, mais nous pensons que c'est un groupe diversifié et représentatif», a-t-il ajouté.

«Nous les considérons comme une représentation légitime des aspirations du peuple syrien», a insisté le président des Etats-Unis, marquant sa différence avec son homologue français François Hollande.

Pour un dialogue interne

De son côté, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a entamé mercredi à Ryad des entretiens axés sur la crise en Syrie avec ses homologues des monarchies arabes du Golfe.

Sergueï Lavrov a eu un entretien séparé avec le chef de la diplomatie saoudienne, le prince Saoud Al-Fayçal, et devait par la suite tenir une réunion avec les ministres des Affaires étrangères du Conseil de Coopération du Golfe (CCG, dont l'Arabie saoudite est le chef de file).

Moscou avait appelé lundi la nouvelle coalition unifiée de l'opposition syrienne à privilégier le dialogue avec le régime et non une intervention étrangère.

Bombardements aériens

Sur le terrain, les chars du régime continuaient de bombarder Damas et sa région. Près de la frontière turque, des combats ont fait une vingtaine de morts, dont au moins 18 dans les rangs de l'armée, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Des avions de l'armée gouvernementale syrienne ont bombardé mercredi deux quartiers de Damas et, pour le troisième jour consécutif, la ville de Ras al Aïn située près de la frontière avec la Turquie, selon la même source.

(ats)

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