Suisse: Daniel M., l'espion qui est désormais ruiné

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SuisseDaniel M., l'espion qui est désormais ruiné

Daniel M. s'exprime pour la première fois depuis son retour d'Allemagne. Il affirme avoir agi par patriotisme et compte sur le SRC pour payer son amende. Interview.

par
Pascal Schmuck
Zurich
Daniel M. n'en a pas encore fini avec le SRC.

Daniel M. n'en a pas encore fini avec le SRC.

Keystone

Daniel M. est devenu l'«espion suisse». Il est revenu à Zurich après avoir été condamné par un tribunal de Francfort à une peine d'un an et dix mois avec sursis pour activité d'espionnage. Il revient sur plusieurs points dans une interview publiée dans le Blick.

Tout d'abord, il ne se définit pas comme un espion. «Lorsque le SRC (Service de renseignement de la Confédération) m'a approché, je n'ai pas hésité une seconde. J'ai trouvé ignoble que les autorités fiscales allemandes achètent des données volées dans des banques suisses.»

Soupçons envers son coéquipier

Il a agi surtout par patriotisme. «Je suis fier d'être Suisse et je n'agirais jamais contre les intérêts de la Confédération», balayant ainsi les accusations d'être un agent double. Il reconnaît qu'il a reçu un mandat du SRC avec une enveloppe financière.

«J'ai utilisé 3000 euros pour récolter les données personnelles des enquêteurs du fisc allemand et 10'000 euros pour trouver une source dans l'administration fiscale du Wuppertal. Quant au reste, à savoir 50'000 euros, je l'ai confié à mon coéquipier allemand. Mais il n'en a rien fait et je le soupçonne d'avoir joué un double jeu. En tout cas, il n'a pas été inquiété par les autorités allemandes. Il a peut-être passé un accord avec elles.»

Il dément également avoir voulu vendre des données bancaires suisses. «Ce n'étaient pas d'authentiques données. Elles avaient été trafiquées par mon coéquipier israélien. Mon unique but était de dénoncer des donneurs d'ordre et de les traduire en justice.»

Un homme ruiné

Daniel M. se dit ruiné par son aventure allemande. «J'ai même dû vendre notre maison de famille. Heureusement j'ai pu bénéficier du soutien de mes proches et de mes amis. Un d'entre eux m'a même prêté les 40'000 euros que je devais payer aux autorités allemandes.»

Il n'exclut pas de se tourner vers le SRC pour l'aider à assurer toutes ces dépenses et son avocat Valentin Landmann n'entend pas laisser tomber l'affaire «même si le SRC continue de faire la sourde oreille».

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