12.10.2017 à 10:44

FootballDaniele Moro: «Une décision sévère et proportionnée»

Pour le président de la Commission de discipline de la SFL, le verdict qui touche Christian Constantin n’est «pas lié au personnage». Dans cette affaire inédite, «la commission a travaillé de manière sérieuse et indépendante».

par
Mathieu Aeschmann
Daniele Moro, président de la Commission de discipline de la SFL, a livré jeudi son verdict dans l'affaire Constantin-Fringer.

Daniele Moro, président de la Commission de discipline de la SFL, a livré jeudi son verdict dans l'affaire Constantin-Fringer.

Keystone

Daniele Moro, votre commission empoignait une affaire à la dimension inédite. Sur quelle base êtes-vous arrivé à une interdiction de terrain de quatorze mois?

Comme dans tous les tribunaux, notre travail consiste en une pesée d’intérêts. Elle se découpe en trois phases. D’abord il faut déterminer la nature de l’infraction: faible, moyenne ou grave. Or celle-ci appartient clairement à la dernière catégorie. Ensuite, on regarde les antécédents. Il en existe un qui remonte à 2006 – 2008 et qui présente de nombreuses similitudes. Enfin, un dernier élément peut jouer un rôle: il s’agit d’éventuelles circonstances atténuantes.

La défense du club reposait, entre autres, sur l’argument que la fonction présidentielle n’est pas statutairement sous la compétence des règlements de la SFL. Vous avez, semble-t-il, jugé cet argument irrecevable?

Dans une procédure, on peut toujours tout contester. Mais on a ici affaire avec quelqu’un qui évolue dans le monde du sport. Christian Constantin est un fonctionnaire du club, il travaille dans son intérêt donc est soumis notamment aux règlements associatifs de l’ASF et de SFL. Je précise d’ailleurs qu’il a déjà été sanctionné sur la base de ces règlements, par le passé et en sa qualité de président.

Pour certains, surtout en Suisse romande, votre décision sera lue comme un jugement sous influence du Blick et d’une presse alémanique très vindicative. Que répondez-vous?

Je peux juste vous dire que la Commission de discipline que je préside est une commission totalement indépendante. Elle n’est aucunement sous l’influence de la presse. Vous me parlez du Blick mais on a lu à peu près tout et n’importe quoi sur cette affaire. Tout cela ne nous occupe pas. La commission a fait un travail sérieux pour aboutir à une sanction et une amende. Un jugement que je considère comme proportionné.

Un dernier mot sur le fait que l’effet suspensif ne soit pas accordé en cas de recours. Avez-vous pris cette mesure spécialement pour éviter cette course aux recours dont Christian Constantin est devenu un spécialiste?

Pas du tout. (Catégorique) Les décisions que l’on prend ne sont jamais liées aux personnes qu’elles touchent. Christian Constantin est un fonctionnaire du football comme beaucoup d’autres et nous ne l’avons pas jugé parce qu’il est Christian Constantin. L’absence d’effet suspensif pour l’interdiction de terrain est aussi le fruit d’une pesée d’intérêts.

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