Cyclisme – Danilo Wyss: «Une perte de voir cette équipe disparaître»
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CyclismeDanilo Wyss: «Une perte de voir cette équipe disparaître»

A moins d’un miracle, la formation Qhubeka va prochainement mettre les clés sous la porte. Une situation prévisible pour Danilo Wyss, ancien coureur de l’équipe sud-africaine.

par
Chris Geiger
Danilo Wyss ne se fait guère d’illusions pour l’avenir de Qhubeka.

Danilo Wyss ne se fait guère d’illusions pour l’avenir de Qhubeka.

LMS

Cinq ans après avoir obtenu le statut World Tour, Qhubeka NextHash s’apprête à disparaître du peloton. La formation sud-africaine, en grande difficulté financière, ne peut pas soumettre sa demande auprès de l’UCI pour obtenir sa licence pour la saison prochaine. Poussés vers la sortie par leur équipe depuis le début du mois d’octobre, les coureurs quittent un à un la brigade de Douglas Ryder. Ainsi, Victor Campenaerts, Giacomo Nizzolo ou Michael Gogl, entre autres, ont déjà trouvé un nouvel employeur. Des mouvements qui n’augurent rien de bon, selon Danilo Wyss.

«Je ne suis pas très optimiste, concède d’entrée le Vaudois de 36 ans. Mais cette situation n’est pas vraiment une surprise pour moi. L’année dernière, l’équipe avait déjà été sauvée à la dernière minute par Assos. C’était alors déjà presque un miracle. A l’époque, les courses avaient toutes été retardées en raison du Covid-19, ce qui avait permis ce sauvetage tardif.»

A la retraite depuis la fin du dernier exercice, l’Urbigène a terminé sa carrière au sein d’une structure sud-africaine (Dimension Data, puis NTT Pro Cycling) où l’incertitude régnait. «La situation avait été précaire toute l’année, se rappelle l’ancien champion de Suisse sur route. L’équipe n’avait pas réussi à trouver un sponsor fiable sur le long terme. Le budget sous Assos était d’ailleurs très bas par rapport aux autres formations du World Tour.»

Un mécène qui n’avait effectivement pas fait de vieux os puisqu’il avait cédé ses parts le 24 juin dernier à NextHash, un nouveau sponsor qui «n’avait pas l’air très solide». Pour Danilo Wyss, cette instabilité est d’autant plus regrettable que Qhubeka faisait beaucoup pour le développement du cyclisme en Afrique.

«C’est malheureux, car l’équipe dégage une belle image et possède un bel état d’esprit, regrette le natif de Pompaples. Elle avait réussi à mettre en place un beau projet, en amenant pas mal de coureurs africains sur le World Tour. De plus, l’association Qhubeka apportait beaucoup de soutien aux jeunes enfants africains en leur offrant des vélos. Il faudrait désormais un miracle pour que l’équipe puisse continuer, mais ce serait une perte pour le cyclisme de voir cette équipe disparaître.»

Une tuile également pour le cyclisme suisse, Kilian Frankiny et Mauro Schmid faisant partie de l’effectif de la formation sud-africaine. «Je suis régulièrement en contact avec Kilian, glisse son ancien coéquipier à la BMC. Si l’équipe s’arrête, son avenir semble effectivement assez compliqué. A ce stade de la saison, les équipes sont déjà presque toutes au complet. La situation de Mauro est différente. Il a un profil intéressant, celui d’un jeune coureur qui a déjà gagné une étape sur un Grand Tour (ndlr: la 11e sur le Giro 2021), et ce dès sa première saison chez les pros.»

Si la situation de Qhubeka va donc probablement envoyer le grimpeur haut-valaisan (27 ans) à la retraite de manière prématurée, comme il l’a confirmé au Nouvelliste, l’avenir de l’espoir zurichois (21 ans) semble, lui, moins bouché. Chez Alpecin-Fenix, actuelle meilleure formation de Continental Pro et éventuelle candidate à la promotion? Ou au sein de l’une des superpuissances du peloton? Réponse ces prochaines semaines.

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