La pression du retour passée, Danitsa compte s’éclater à Festi’neuch
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Festi’neuchDanitsa: la pression du retour passée, elle compte s’éclater sur scène

Samedi 11 juin à Neuchâtel, la chanteuse genevoise présentera «Sycle», sorti quatre longues années après son 1er album. Interview.

par
Laurent Flückiger
Interview: Laurent Flückiger Tournage et montage: Yvan Golaz

Fin mai, Danitsa remportait un deuxième Swiss Music Award. Une récompense prouvant que, même s’il s’est écoulé quatre ans entre ses deux albums «Ego» et «Sycle» – un temps trop long à son goût – la Genevoise n’a pas été oubliée et que son talent, alors prometteur, ne l’a pas quittée. Alors qu’elle fait salle comble des deux côtés de la Sarine, l’artiste de 27 ans viendra partager son style musical «couteau suisse» sur la grande scène de Festi’neuch samedi 11 juin, avant SCH et Justice. Rencontre.

Soul, funk, reggae, pop-rock, trap, hip-hop… Vous avez une multiplicité de styles. Est-ce un atout ou un handicap?

Un atout. Je viens du métissage: je suis Française, Serbe, Tchadienne, Congolaise, Espagnole. Dans ma musique, c’est pareil. J’essaie de mixer tous ces styles et d’en faire un couteau suisse. Mais revenir après quatre ans d’absence m’a fait douter. J’ai sorti mon premier album «Ego», dont le son «Captain» a bien marché en Suisse. Suite à ça, j’ai décidé de voyager et de faire plusieurs sessions studios au Ghana, à Berlin, à Paris, à Londres et principalement à Los Angeles. Je me suis mis pas mal de pression sur ce retour, je stressais à l’idée de réussir ou non, je m’inquiétais de savoir si les gens qui m’écoutent depuis plusieurs années allaient apprécier ce que je fais. Il y a six mois, quand j’ai sorti «Sycle», ça a été une libération. Aujourd’hui, je commence à être sereine en défendant mon projet.

Pour «Sycle», vous avez signé chez Island, le label historique de Bob Marley, U2 ou Amy Winehouse. Qu’est-ce que ça vous a apporté?

Un gros changement. Il y a maintenant une trentaine de personnes qui travaillent à mes côtés, et c’est hypercool. J’ai des équipes pour la promotion, le marketing, la communication, etc. Ce sont des gens d’expérience qui m’aident à réussir un projet.

Et qui recherchent un retour sur investissement?

Ah ben oui! (Elle rit.) Quand on signe chez un gros label comme Island, il y a des sous qui sont investis. Faire de la musique, c’est un business. Il y a un retour attendu.

C’est une pression supplémentaire?

Non. Je suis toujours une artiste libre à 100%. Faire de la musique, c’est parfois réussir, parfois pas. J’attends le prochain hit, ou pas. Pour l’instant, je m’éclate. Le plus important c’est de me retrouver sur scène, de faire des festivals, de partager avec le public et de recevoir un maximum d’amour physique.

Dans une série de vidéos mises en ligne par la Fédération genevoise des musiques de création pour sa campagne de sensibilisation #paietonartiste, vous témoignez ramer encore.

Il faut savoir que je n’ai pas un contrat d’artiste avec Island mais de distribution. Je suis toujours chez le label Evidence Music, et ce depuis dix ans. Si je compare mes cachets en Suisse à ceux de mes collègues artistes français, par exemple, ils sont certes plus importants mais ça ne suffit pas à faire de la musique. On gagne de l’argent pour le réinvestir dans son propre projet. Heureusement, il y a des subventions.

À quoi ressemblent vos concerts?

Pour cette tournée, je suis accompagnée de trois musiciens, un pianiste, un batteur et un guitariste. On est dix, en tout. C’est la première fois qu’on est autant et que j’ai un ingénieur du son. Danitsa, sur scène, c’est beaucoup d’énergie, d’interaction avec le public, on danse, on s’éclate, je fais des blagues pas drôles. C’est le feu, quoi!

Vous avez beaucoup évolué sur scène depuis votre première tournée?

Oui! À mes débuts, j’étais tétanisée. En 2018, j’ai fait une centaine de dates avec mon petit frère. C’est lui qui, après avoir regardé des vidéos de Tyler, The Creator, de Pharrell Williams, m’a appris à interagir avec les spectateurs, à bouger, à être moi-même. Aujourd’hui, je suis toujours stressée avant de monter sur scène, mais une fois que le concert commence je suis vraiment à l’aise.

Vous travaillez déjà sur un prochain projet?

Oui, j’ai appris de mes erreurs. En quatre ans, on peut perdre une audience. Je suis en train de bosser sur un troisième projet qui sera un EP ou un album. J’ai beaucoup de sessions studios en Suisse et en France, avec beaucoup de featuring intéressants dont je garde encore le secret. Je suis retournée à la Danitsa Shanna – mon premier prénom – de mes débuts. J’ai grandi avec le reggae et le hip-hop et j’ai l’impression de me reconnecter à moi-même.

Qui vous a initiée au reggae?

Mon père. Il est producteur de reggae et ingénieur du son (ndlr.: sous le nom Skankytone). On a commencé à faire de la musique ensemble quand j’avais 10 ans et depuis je n’ai pas arrêté.

Festi’neuch, Neuchâtel Openair Festival, du jeudi 9 au dimanche 12 juin. Infos: festineuch.ch

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