BMX: Dans la roue d'un casse-cou

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BMXDans la roue d'un casse-cou

Le Vaudois Quentin Bataillard décrypte sa discipline où, lancé à pleine vitesse dans les virages et par-dessus les bosses, il a parfois l'impression de voler.

par
Julien Caloz

Céline Pitari

Quentin Bataillard avait donné rendez-vous sur la piste de son club d'Échichens, ce qui était une excellente idée; la moins bonne, c'est qu'il avait emmené un second vélo, au cas où l'envie nous prenait de faire un tour.

L'apprentissage n'a duré que quelques secondes, soit le temps d'avoir peur trois fois dans le premier virage, et de reprendre six fois son souffle.

De 40 à 60 km/h

La discipline est exigeante. «Après un tour, on peut atteindre les 200 pulsations minute», livre Quentin Bataillard, lui aussi essoufflé – ce qui est rassurant. «Sur un tour, on est à fond tout le temps. On sent l'acide lactique monter, jusqu'à congestionner les muscles.» L'exercice est répété entre six et huit fois sur une compétition, de la première course à la dernière (la finale). Il faut du coffre, donc, mais pas seulement. La discipline nécessite une bonne dose de témérité. Juchés sur de petits vélos et lancés à une vitesse de 40 à 60 km/h sur un parcours cabossé, les cyclistes évoluent sur un fil. «Il faut être complètement tête brûlée. Il ne faut pas avoir envie de réfléchir», se marre Bataillard, 23 ans, en troisième année de droit à l'Université de Lausanne.

Pas vraiment le genre de filière pour les têtes brûlées. «Il faut avoir une tête bien pleine, c'est vrai, mais c'est aussi le cas en BMX, où l'aspect tactique est prépondérant, précise le vice-champion d'Europe 24 pouces. Et puis les sensations fortes que je ressens sur le vélo me permettent de me vider la tête, de me défouler. À la fin, je suis prêt à retourner dans mes livres!»

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