Chiapas, Mexique : des indigènes prennent les armes face aux gangs
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MexiqueDans le Chiapas, des indigènes prennent les armes face aux gangs

Prêts à tout pour se protéger des gangs qui déchirent le Mexique, des indigènes de l’État du Chiapas, armés jusqu’aux dents, viennent de se constituer en groupes d’autodéfense.

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Des Amérindiens Tzotzil et Tzeltzal se sont rassemblés, le visage encagoulé, dans le stade de football de la petite communauté de San José Tercero, dans le Chiapas, devant près de 3000 personnes.

Des Amérindiens Tzotzil et Tzeltzal se sont rassemblés, le visage encagoulé, dans le stade de football de la petite communauté de San José Tercero, dans le Chiapas, devant près de 3000 personnes.

AFP
Les hommes ont choisi le nom évocateur d’El Machete.

Les hommes ont choisi le nom évocateur d’El Machete.

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Devant des villageois agglutinés dans les tribunes, ces miliciens, pour la plupart des hommes, ont brandi des machettes et des fusils d’assaut automatiques.

Devant des villageois agglutinés dans les tribunes, ces miliciens, pour la plupart des hommes, ont brandi des machettes et des fusils d’assaut automatiques.

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Critiqués par le président Andres Manuel Lopez Obrador, qui y voit une façade camouflant les agissements de groupes criminels, les mouvements d’autodéfense se multiplient au Mexique depuis les années 1990.

On en recense environ 50, selon un décompte officiel, principalement dans l’État méridional de Guerrero et, plus récemment, dans l’État voisin de Michoacán. Des indigènes de l’État du Chiapas, dans le sud du pays, viennent de se réunir pour se protéger des gangs armés.

Fusils d’assaut et machettes

Regroupés sous le vocable évocateur El Machete la machette , des Amérindiens Tzotzil et Tzeltzal se sont rassemblés, le visage encagoulé, dans le stade de football de la petite communauté de San José Tercero, dans la municipalité de Pantelhó.

Dans une mise en scène en forme d’avertissement à ces organisations criminelles liées aux cartels de la drogue, ils ont défilé, dimanche, en montrant l’arsenal dont ils disposent. Devant des villageois agglutinés dans les tribunes, ces miliciens, pour la plupart des hommes, ont brandi des machettes et des fusils d’assaut automatiques.

Autorités aussi accusées

L’un des porte-parole de ces groupes d’autodéfense «du peuple» a justifié la décision de s’armer pour «faire face à l’injustice, défendre leur vie contre les trafiquants de drogue», tout en accusant les autorités locales de collusion avec ces criminels.

Ces milices exigent qu’un audit soit lancé par les autorités sur la gestion des ressources publiques. Elles ont menacé d’empêcher l’entrée en fonction, prévue le 1er octobre, du maire élu qui va succéder à sa femme.

Les civils fuient

Le 7 juillet, El Machete a violemment fait irruption dans la ville de Pantelhó, affrontant armes au poing un groupe rival, ce qui a eu pour effet la fuite de milliers de personnes vers les communautés rurales.

Le même jour, des dizaines de militaires et de policiers sont entrés dans la ville pour rétablir l’ordre, mais sont tombés dans une embuscade le lendemain, qui a fait six morts parmi les policiers et trois soldats blessés.

Deux cents cartels

Depuis décembre 2006, date à laquelle le gouvernement de Felipe Calderón a lancé une offensive militaire antidrogue, 300’000 meurtres ont été perpétrés au Mexique. Au cours de cette période, les principaux cartels se sont atomisés, au point qu’environ 200 groupes opèrent désormais dans le pays, selon l’ONG Insight Crime.

En mai, 2963 assassinats ont été recensés au Mexique et, depuis janvier, on en dénombre 14’243, selon le gouvernement.

(AFP)

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