Hockey sur glace: Dans les pas de Marc Lüthi
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Hockey sur glaceDans les pas de Marc Lüthi

Le CEO du CP Berne est le personnage le plus puissant du hockey suisse. Aux yeux des fans adverses, il incarne les petits et grands avantages du SCB.

par
Cyrill Pasche
Bienne
Marc Lüthi, sous ses airs d'ours mal léché, est un personnage hautement sympathique et doté d'un bon sens de l'humour.

Marc Lüthi, sous ses airs d'ours mal léché, est un personnage hautement sympathique et doté d'un bon sens de l'humour.

Keystone

A la Tissot Arena, Marc Lüthi prend place en tribune de presse, au milieu des journalistes et à quelques pas seulement des détenteurs d'abonnements de saison aux places assises. Une habitude le trahit toutefois, car même le personnage le plus puissant du hockey suisse a une faiblesse: il n'arrive pas à rester assis lorsque «son» SCB est en difficulté sur la glace.

Aux yeux des fans seelandais et plus généralement dans l'imaginaire collectif, Marc Lüthi incarne tous ces petits et grands avantages dont le puissant SCB bénéficierait. Des abonnés aux places assises se retournent et le toisent à chaque coup de sifflet de l'arbitre contre leur équipe. Certains sortent leur porte-monnaie. Les plus remontés l'invectivent. «Vous avez encore payé les arbitres! Combien ça coûte pour acheter un but? Liga Mafia! C'est toujours comme ça avec le SCB!».

Il reste toujours stoïque, et s'en amuse. Le CEO du CP Berne connaît le refrain, c'est d'ailleurs le même dans pratiquement toutes les patinoires. Un puck rebondit sur le plexiglas, les arbitres ne sifflent pas, Berne marque, comme lors du quatrième acte de la demi-finale. C'est de sa faute, forcément...

C'est la pause: «Papa Ours» déambule les mains dans les poches dans les couloirs de la Tissot Arena. Un journaliste le croise et lui glisse: «Les matches ne se jouent plus à guichets fermés à Berne? Vous avez perdu beaucoup de spectateurs depuis le début des play-off?» Le big boss répond: «Oui, cinq ou six par rapport à l'an dernier, me semble-t-il.» Puis il éclate de rire en réajustant ses lunettes.

Marc Lüthi ne se déplace jamais seul lorsqu'il va prendre l'air à proximité du car du SCB. Sa «cour» n'est jamais bien loin: des membres du staff et quelques autres personnes dont on ne connait pas exactement la fonction, pour autant qu'elles en aient une dans l'organigramme du club bernois.

Toujours stoïque

Sur le chemin qui mène à l'ascenseur, il se prend brièvement de bec avec un membre du staff seelandais à cause de cette histoire de plexiglas. Il ne perd pas le sourire et dit: «bah, j'ai l'habitude…»

L'ascenseur bondé, tarde à se mettre en route. Trop chargé. Quelqu'un glisse: «ça doit être son porte-monnaie». La blague est bonne, mais elle fait un flop dans un ascenseur majoritairement occupé par des membres du SCB. Marc Lüthi ne l'a pas entendue, mais un de ses fidèles, sans doute offusqué, ne tardera pas à aller la lui rapporter.

Heureusement, Marc Lüthi a de l'humour, lui. Car derrière l'Ours mal léché se cache un personnage hautement sympathique et doté d'un sens de l'autodérision très marqué. Il y a tout juste une année, il nous avait dit: «certains me qualifient de «roi de Berne» et d'autres disent que je suis le «trou du c.. de Berne». Dans les deux cas, cela ne me fait ni chaud, ni froid.»

Le match reprend. Il nettoie puis réajuste ses lunettes. Mais reste debout.

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