Actualisé 30.06.2020 à 04:44

Dans leur jardin, deux salades font... un soutien-gorge!

Ecologie

Deux étudiantes modernisent l'image de l'agriculture pour promouvoir leur démarche agroécologique dans le Jura bernois. Clin d’œil parfaitement assumé.

par
lematin.ch
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Amauryne Drougard et Céline Albertella se lancent dans la culture d'un potager bio expérimental. Leur but n'est pas de vous raconter des salades, mais...

Amauryne Drougard et Céline Albertella se lancent dans la culture d'un potager bio expérimental. Leur but n'est pas de vous raconter des salades, mais...

Lematin.ch/Sébastien Anex
... de faire part de judicieux conseils en matière maraîchère.

... de faire part de judicieux conseils en matière maraîchère.

Lematin.ch/Sébastien Anex
Les deux copines d'école disposent d'une petite serre, mais...

Les deux copines d'école disposent d'une petite serre, mais...

Lematin.ch/Sébastien Anex

Sur Instagram, dans une galerie de 28 photos qui font autant de publications sur «Agrolab_», on n'en retient qu'une, publiée la semaine dernière à la «une» du «Journal du Jura»: deux salades en guise de soutien-gorge, sous un franc sourire.

À Reconvilier, Amauryne Drougard et Céline Albertella font de leur jardin une «expérience agroécologique à ciel ouvert». Sur Instagram, elles expliquent leurs méthodes, partagent leurs expériences.

Ainsi, sous la photo amusante de Céline légendée par «T'cheu ces salades que c'est!», il est expliqué que le terme salade «ne désigne en fait absolument rien en jardinage» et qu'il est «plutôt utilisé en cuisine», que ses feuilles sont riches en vitamines B9 et A, qui aident «notamment nos yeux à s'adapter à l'obscurité».

Copines d'école

Elles sont des copines d'école devenues étudiantes, l'une en sciences forestières, l'autre en agronomie. L'article que leur a consacré «Journal du Jura» a été rédigé par Marisol Hofmann, la fille du boulanger de Reconvilier célèbre pour avoir réhabilité l'épautre dans tout sa filière. Un jardin potager expérimental qui fait la part belle aux méthodes respectueuses de l’environnement, c'est bien, mais pourquoi le promouvoir avec des salades sur ses seins? «On trouvait monotone de photographier des légumes tenus dans une main: un radis, un chou, une carotte, pfff...», confient les jardinières.

Prendre la pelle

La démarche primesautière est assumée. Quand on leur demande de varier les plaisirs en changeant de feuilles, Amauryne a une idée pour Céline: «Tu pourrais prendre la pelle et cacher ta poitrine avec!». Sa mère à elle n'a pourtant «pas kiffé» le coup des deux salades.

Les deux jardinières adeptes de permaculture n'enlèvent pas le haut pour prendre la pose: elles disposent librement de leurs corps dans un esprit féministe, voilà tout. Quand elles posent pour notre photographe, un cantonnier qui passe écarquille les yeux: «De loin, on le croirait sexuel, votre champ!», s'exclame-t-il.

Pas de quoi émouvoir les deux jardinières végétariennes, désarmantes de naturel, à 23 et 24 ans: «Ce n'est pas une invitation! Rien n'est de vulgaire dans notre démarche», disent-elles.

Parcelle triangulaire

La parcelle triangulaire occupée à côté d'autres jardiniers est celle d'un agriculteur qui remplit régulièrement une citerne avec l'eau de la fontaine. Elle a d'abord été mise à disposition d'immigrés, mais ce projet communautaire n'a pas fonctionné. Amauryne et Céline ont désherbé leur terrain en paillant sa surface avec du fumier et du foin, une technique qui maintient l'humidité et réduit l'arrosage.

Pour les semences surtout, mais aussi pour l'outillage et la serre, les deux copines ont lancé un appel aux dons: celui qui donne dix francs reçoit des légumes! Une démarche qui ne vaut que pour Reconvilier et ses alentours, puisqu'il est question de pratique durable et de consommation locale, histoire de «changer la production agricole».

Vincent Donzé

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