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BanquesDans un «contexte pas simple», la BCGE recule

La Banque cantonale de Genève (BCGE) a enregistré des résultats en repli au premier semestre 2016.

Photo d'illustration.

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Keystone

La Banque cantonale de Genève (BCGE) a fait face à des résultats en repli au premier semestre, le bénéfice net diminuant de 5,6% sur un an à 42,7 millions de francs. Face à un contexte «pas simple», son patron s'interroge sur la pertinence du maintien des taux d'intérêt négatifs.

Le résultat opérationnel s'est contracté de 12,3% à 53,4 millions de francs. Des chiffres qui s'établissent dans la «continuité» et qui n'entament pas l'augmentation de la compétitivité, a relevé mardi devant la presse à Genève Blaise Goetschin. Il considère les résultats comme «solides».

La marge d'intérêts est stabilisée à 1,07% et le volume des affaires en augmentation malgré un environnement «complexe» de taux négatifs, de baisse des prix des matières premières et de conjoncture boursière difficile. Les fonds gérés et administrés ont progressé de 3,6% pour atteindre 22,5 milliards de francs, dont 10 milliards pour la première fois pour la clientèle institutionnelle.

La BCGE se réjouit de deux autres seuils franchis. La totalité des crédits a dépassé 14 milliards de francs et la capitalisation boursière est devenue supérieure à un milliard et peut encore progresser selon le patron.

Dans le contexte difficile, la banque répercute les taux négatifs sur les comptes d'au moins 5 millions de francs, contre le double début 2015. Un contexte de taux bas coûte 30 à 40 millions par an à la banque en termes de revenus liés au rendement des actifs, en partie compensés.

Taux négatifs ciblés

Cette «répression financière» n'a pas d'effets «convaincants» sur le rapport entre devises, estime Blaise Goetschin. Il ne constate pas de risque de bulle immobilière, à l'origine de la décision de la Banque nationale suisse (BNS).

Si la situation se poursuit ou empire à l'avenir, il faudra s'interroger sur des taux négatifs sur l'épargne et le dépôt. D'autant plus que d'autres acteurs que les banques cherchent du rendement.

Le ratio de fonds propres souffre également de la situation, ajoute Blaise Goetschin. Le rapport de couverture de près de 14% dépasse largement les 12% exigés, mais l'augmentation de fonds propres se répercute sur le coût pour le consommateur de crédits. Des liquidités qui ont été dopées de 20,8 millions et atteignent 1,34 milliard.

La productivité de la banque s'aligne sur la moyenne de celle des banques de détail en Suisse. Elle se rapproche même de celle des grandes banques.

Multinationales visées

Autre chiffre, les produits d'exploitation ont diminué durant les six premiers de l'année de 2,9% à 169,3 millions de francs. Au total, les revenus en devises étrangères constituent un peu plus d'un cinquième du chiffre d'affaires.

Côté dépenses, les charges d'exploitation ont augmenté de 3,5% à 3,7 millions de francs, avec dix-sept nouveaux emplois pour près de 740 collaborateurs. Un «gros effort» a été mené sur l'extension de l'offre numérique.

«On vise le long terme pour être au rendez-vous des questions technologiques», relève Blaise Goetschin. Des mesures de sécurité exceptionnelles ont par ailleurs été lancées pour s'adapter face à la menace des braquages.

Autre aménagement, un nouveau département sur les multinationales sera opérationnel d'ici à septembre. Il emploiera deux personnes. Pour l'ensemble de l'exercice 2016, la banque table sur un niveau de rentabilité opérationnelle proche de celui de 2015.

(ats)

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