30.11.2012 à 18:58

AdhésionDarbellay a retourné sa veste sur l'Europe? Il dément

En décembre 2011, le président du PDC jugeait que le retrait de la demande d'adhésion de la Suisse à l'UE était inutile et serait une «provocation». Aujourd'hui, il estime nécessaire ce retrait et explique pourquoi.

par
Arthur Grosjean
Christophe Darbellay et la présidence du parti estiment désormais que le retrait de la demande d'adhésion de la Suisse à l'UE est une bonne chose.

Christophe Darbellay et la présidence du parti estiment désormais que le retrait de la demande d'adhésion de la Suisse à l'UE est une bonne chose.

Keystone

Souvent PDC varie, bien fol qui s'y fie. Ce proverbe, légèrement revisité il est vrai, s'applique à Christophe Darbellay et à la présidence du PDC. Ces derniers ont complètement changé d'avis sur la demande d'adhésion de la Suisse à l'Union européenne (UE). Le principal intéressé conteste cette vision.

Cette semaine, Christophe Darbellay a fait les gros titres de la presse nationale en demandant à ce qu'on revote sur l'Espace Économique Européen (EEE). Une opération marketing rondement menée. Elle a été préparée de longue date avec la conseillère fédérale Doris Leuthard et le chef du groupe parlementaire Urs Schwaller comme on pouvait le lire dans la Tribune de Genève et 24 Heures de ce matin.

Comme condition préalable à un vote sur l'EEE, Christophe Darbellay exige que la Suisse retire sa demande d'adhésion à l'Union européenne qui est gelée depuis des années. Cela afin que les Suisses n'aient pas l'impression qu'on prépare l'adhésion en douce.

«Une provocation pour Bruxelles»

Le problème? C'est que la présidence du PDC prenait une position inverse le 5 décembre 2011. Dans son papier stratégique intitulé «La voie de la Suisse en Europe», elle refusait au chapitre 4 tout retrait de la demande d'adhésion. Elle la jugeait néfaste: «Le retrait de cette demande serait non seulement perçu comme une provocation à Bruxelles, mais nous n’y gagnerions absolument rien.»

Un an plus tard, le président du PDC a donc retourné sa veste. Ce n'est pas la première fois si on en croit différents médias. Hausse du tarif des CFF, soutien financier du PDC par UBS, retransmission de la formule 1 à la SSR, réélection de Blocher au Conseil fédéral, le Valaisan a souvent été taxé de girouette. Ce que dément fermement Darbellay qui dit pouvoir prouver le contraire.

Christophe Darbellay très fâché

Il est très fâché qu'on puisse l'accuser d'avoir retourné sa veste. Il réfute en bloc cette accusation qui lui colle «injustement » à la peau depuis qu'il a changé de parti. Pour ce qui est du dossier européen, il explique l'évolution de sa position par l'impasse dans laquelle se trouvent les Bilatérales. «La voie bilatérale est devenue caillouteuse pour ne pas dire infranchissable. La voie royale s’est transformée en cul-de-sac.»

Mais pourquoi prôner désormais le retrait de la demande d'adhésion? «C'est une réflexion face au blocage actuel. Pour la Suisse, l’EEE comporterait de nombreux avantages: un accès non-discriminatoire au marché européen, la sécurité du droit, l’intégration dans un ensemble où la Suisse n’est plus seule à réclamer une solution particulière. Et pour éviter de tomber dans le piège de 1992, il faudra retirer au bon moment mais une fois pour toute la demande d’adhésion à l’UE. Ainsi nous clarifierons le débat pour signifier que l’EEE n’est pas un « camp d’entraînement » à l’adhésion à l’UE. »

Réunion du groupe PDC mardi

Concernant la politique européenne, la messe n'est pas encore dite au PDC. Le groupe parlementaire doit se prononcer mardi prochain sur le fait de revoter sur l'EEE et de jeter au panier l'adhésion de la Suisse à l'Union européenne.

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!