31.01.2013 à 14:55

SécuritéDavantage de patrouilles au centre-ville de Lausanne

Lausanne présente son plan d'action pour pacifier les nuits de la cité: dès le 1er avril, les patrouilles de police à pied vont se généraliser dans le centre-ville.

Image d'illustration.

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Keystone

Lausanne va généraliser les patrouilles pédestres dans le centre-ville, de jour comme de nuit, dès le 1er avril. Après ses mesures pour pacifier les nuits lausannoises dévoilées en octobre dernier, la ville a présenté jeudi son plan d’action pour «Réinvestir l’espace public».

L’équivalent d’une quinzaine de postes de travail seront affectés à ces patrouilles au centre-ville, ont annoncé le municipal chargé de la sécurité Grégoire Junod et le commandant de la police municipale Pierre-Alain Raémy. La lutte contre le deal de rue constituant une des priorités du plan d’action, l’effectif du groupe spécialisé sera aussi renforcé, passant de huit à dix personnes.

Les policiers porteront une «attention particulière» à la place de la Riponne, un des points forts du trafic de drogue à Lausanne. La présence policière s’inscrit dans un dispositif cohérent qui comprend aussi une prise en charge sociale et sanitaire des marginaux qui occupent la place, a souligné Grégoire Junod.

Ce nouveau dispositif implique des «renoncements», comme des horaires réduits dans certains postes de quartier. L’Hôtel de police n’enregistrera plus les plaintes la nuit, de 21h à 6h.

Occuper le terrain

«Notre objectif est de réinvestir l’espace public. Nous allons mettre l’accent sur l’hyper-centre et augmenter la visibilité de la police», a ajouté le municipal socialiste. Cette présence devrait avoir un effet préventif et réduire le nombre de délits, espèrent les responsables.

«Les policiers ne seront pas présents 24 heures sur 24 aux endroits problématiques. Mais leur présence sera conséquente en terme d’heures de travail», a précisé le capitaine Stéphane Dumoulin, chef de la sécurité et coordination. La nuit, quatre à six agents patrouilleront dans l’hyper-centre et les contrôles de circulation seront intensifiés.

Calmer les nuits

Ces mesures, couplées à celles déjà annoncées concernant les établissement de nuits et la restriction de la vente d’alcool, devraient permettre de pacifier la vie nocturne de la capitale vaudoise. Pas moins de 30’000 personnes convergent à Lausanne chaque nuit de fin de semaine pour y faire la fête, a rappelé Grégoire Junod.

Au nombre des priorités de la police lausannoise ces deux prochaines années figure encore «l’encadrement» de la mendicité. Le dispositif prévu doit être approuvé par le législatif communal la semaine prochaine. La lutte contre les vols et cambriolages n’est pas oubliée. Ce problème concerne tous les quartiers, contrairement aux autres délits qui sont concentrés dans l’hyper-centre. Renforts engagés

Malgré les réaffectations internes, ce plan d’action ne pourra être mis en oeuvre sans une augmentation des effectifs. Trente aspirants-policiers seront formés cette année à l’Académie de police. Ils seront opérationnels en mars 2014.

Pour 2013, la police municipale va engager douze assistants de police, qui peuvent être formés en trois mois à des tâches semblables à celles des agents de sécurité privés. Pour gagner du temps, les procédures administratives ont aussi été simplifiées en particulier pour les délits de moindre importance.

Coûteuse police judiciaire A moyen terme, la ville veut négocier avec le canton concernant le financement de sa police judiciaire (PJ). «Les Lausannois paient deux fois pour ces tâches: une fois pour la PJ communale et une fois pour la police de sûreté cantonale», a relevé Grégoire Junod.

Conséquence: une facture annuelle de 500 francs par an et par habitant, le double de celle des autres villes. Une solution concernant la PJ permettrait de dégager des moyens supplémentaires pour la police de proximité.

(ats)

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