16.09.2020 à 10:35

InterviewDavid Guetta: «Le titre «Titanium» a changé ma vie et celle de Sia»

Le DJ français vient de sortir son dernier titre «Let’s Love» avec l’artiste australienne pour «remonter le moral des gens». Il nous raconte son amitié avec la chanteuse, ses souvenirs avec Erick Morillo et avoue qu’il refuse de jouer dans des clubs durant cette période.

par
Fabio Dell'Anna
David Guetta revient ce mois avec «Let’s Love».

David Guetta revient ce mois avec «Let’s Love».

DR

David Guetta revient ce mois avec «Let’s Love», un titre aux sonorités eigthies et la participation de Sia. Il s’agit de sa 9e collaboration avec la chanteuse australienne et le morceau a déjà reçu un très bel accueil de la part du public. «Je travaille aussi sur un prochain album, mais chaque chose en son temps», nous dit-il au téléphone avant de préciser: «Je n’ai jamais été aussi inspiré que durant cette période.» L’occasion de revenir sur ses derniers mois pendant lesquels il a passé du temps avec ses enfants, aider les personnes dans le besoin et, surtout, créer de nouveaux sons.

Comment s’est déroulé votre confinement?

Ça va. Je suis privilégié. Je n’ai pas un stress où je me demande si je vais pouvoir manger le mois suivant. En revanche, j’étais à Miami et la situation était plus difficile pour beaucoup de gens. J’ai d’ailleurs participé à United at Home (ndlr: un événement caritatif en ligne qui diffusait des concerts en direct) pour aider un maximum de personnes dans le besoin. Nous avons collecté 1,5 million de dollars. Sinon, c’était la première fois que je pouvais partir en vacances d’été avec mes enfants. (ndlr: Tim, 16 ans, et Angie, 12 ans.) Et j’ai passé beaucoup de temps à faire de la musique. C’était l’un des moments les plus inspirants de ma vie.

C’est à cet instant que vous avez composé votre dernier titre «Let’s Love» avec Sia?

Exactement. J’avais envoyé un SMS à Sia au mois de mars en lui disant: «C’est la merde. Tout est déprimant. Je regarde les infos, c’est horrible. Il y a tous les jours des tensions entre les différents pays, on se montre tous du doigt… Viens, on va faire une chanson joyeuse pendant laquelle les gens se lâcheront et oublieront tout!» Elle m’a répondu tout de suite qu’elle adorait l’idée. Je lui ai envoyé des accords très simples au piano et 24 heures plus tard, nous avions la chanson.

Vous avez collaboré de nombreuses fois avec la chanteuse. Comment vous êtes-vous rencontrés?

On s’est rencontré sur le titre «Titanium», sorti en 2011. À la base, je travaillais en tant que producteur pour composer une chanson pour quelqu’un d’autre. Sia était là pour les paroles. J’ai juste tellement adoré ce que l’on a créé, qu’il m’était inconcevable de donner ce titre à une autre artiste. Personne n’aurait pu chanter aussi bien qu’elle sur ce morceau. Il faut savoir qu’à cette époque, Sia ne voulait plus être artiste. Elle voulait seulement composer. Je l’ai suppliée de publier «Titanium». Elle a finalement accepté à condition de ne pas apparaître dans la vidéo et de ne faire aucune promotion. On a bien fait, car ce morceau a changé notre vie à tous les deux. C’était un succès énorme.

Changé dans quel sens?

Professionnellement. Je crois qu’elle n’avait jamais osé être aussi pop que lorsque nous nous sommes rencontrés. Elle était un peu dans son style pointu et sombre, que j’aime beaucoup. Notre collaboration a finalement été un déclencheur pour se lancer dans une nouvelle direction. Je me souviens qu’on était en studio assez souvent et, tous les jours, elle recevait des SMS de la part de Beyoncé ou de Rihanna. C’était dingue. Elle a finalement écrit pour beaucoup de gens suite à notre titre. Il n’y a pas si longtemps, on a les deux participé sur la chanson «Flying On My Own» de Céline Dion.

Quels ont été les moments les plus fous que vous avez vécus avec Sia?

Les moments les plus marquants sont la scène, mais ses apparitions sont très rares. Elle est hypertimide. Elle a du mal à monter sur scène. C’est pour cela qu’elle a eu l’idée de mettre une perruque pour cacher ses yeux. Le peu de fois où on a fait «Titanium» sur scène, c’était quelque chose d’incroyable. Même si elle était tendue et stressée comme jamais. (Rires.)

Sur Instagram, vous avez posté un hommage au DJ Erick Morillo, qui est à l’origine du tube «I Like To Move It», décédé ce 1er septembre. Étiez-vous proches?

On était très proche. Peut-être un peu moins ces dernières années. On était vraiment ses disciples, avec toute une génération de DJ. Je pense que c’est le seul DJ qui m’a vraiment inspiré à ce point-là. Il a inventé plein de techniques qui sont devenues la nouvelle manière d’aborder notre métier. J’ai tellement de souvenirs. Je me rappelle qu’avec la Swedish House Mafia, on passait nos nuits à écouter Erick Morillo. C’était quelqu’un de très important dans la scène house en général.

Vous en gardez que de bons souvenirs, alors?

Oui. Même si j’ai récemment vu une de ses interviews qui m’a un peu fait de la peine. Il explique comment des jeunes qu’il avait pris sous son aile, comme moi ou Swedish House Mafia, l’ont dépassé. Il avait très mal vécu cette période et au même moment il était tombé dans la drogue. Cela a ensuite commencé à être de pire en pire… J’ai vu cette séquence après sa mort et ça m’a un peu affecté. Je me dis que c’est terrible. L’ego est vraiment la pire chose qui existe.

Les clubs sont encore ouverts dans la plupart des villes suisses. Est-ce que cela vous intéresse de venir jouer chez nous, malgré cette situation compliquée?

Je vais être très honnête. On m’a posé la question. Pas pour la Suisse, mais pour des fêtes cet été à Saint-Tropez. Je reste un peu mal à l’aise, car mon métier est de rendre les gens heureux et je ne veux pas risquer de les rendre malades. Tant que nous ne sommes pas au clair avec cette situation, je préfère attendre.

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4 commentaires
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Agamemnon

17.09.2020 à 16:39

De la grande musique de chiottes de gare, mais ça marche

Eva

17.09.2020 à 12:29

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Eric

17.09.2020 à 09:32

Moi quant j’entends ce type je ne dis que les gens sont justes pas difficiles ! David Guetta ou là plus grande escroquerie de tous les temps !