Turquie: Davutoglu va former un gouvernement d'intérim
Publié

TurquieDavutoglu va former un gouvernement d'intérim

Un gouvernement de transition, fait sans précédent dans l'histoire politique récente de la Turquie, devra être formé dans un délai de cinq jours.

Le premier ministre turc Ahmet Davutoglu a été chargé de former un gouvernement de transition.

Le premier ministre turc Ahmet Davutoglu a été chargé de former un gouvernement de transition.

ARCHIVES, Keystone

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a chargé ce mardi 25 août son premier ministre Ahmet Davutoglu de former le gouvernement de transition, a annoncé la présidence. Ce gouvernement intérimaire dirigera la Turquie jusqu'aux élections législatives anticipées d'automne.

Ce gouvernement de transition, sans précédent dans l'histoire politique récente de la Turquie, devra être formé dans un délai de cinq jours. Il devrait être constitué de députés du parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur, au pouvoir) et du parti de la démocratie des peuples (HDP, pro-kurde/gauche), en fonction de leur représentation au Parlement.

Les deux autres formations parlementaires, les sociaux-démocrates (CHP) et les nationalistes (MHP), ont d'ores et déjà refusé d'y participer. Recep Tayyip Davutoglu pourrait donc aussi faire appel à des personnalités «indépendantes», technocrates ou anciens de l'AKP.

Lors des dernières législatives du 7 juin, l'AKP avait perdu la majorité absolue dont il disposait depuis 2002, douchant les espoirs du président Erdogan de pouvoir modifier la constitution pour renforcer ses pouvoirs. Depuis lors, la Turquie est dans une impasse politique, les tractations de Recep Tayyip Davutoglu avec l'opposition pour la constitution d'une coalition gouvernementale n'ayant pas abouti.

«Coup d'Etat civil»

Le chef de l'Etat a formellement convoqué lundi de nouvelles élections législatives, en pleine résurgence des violences avec les rebelles kurdes. Mardi, le coprésident du HDP, Selahattin Demirtas, bête noire de Recep Tayyip Erdogan, l'a accusé d'avoir «suspendu la Constitution et la démocratie» et de se livrer à un «coup d'Etat civil».

Le leader kurde a aussi de nouveau appelé le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et Ankara à arrêter les hostilités qui ont repris en juillet, après plus de deux ans.

La date des nouvelles élections n'a pas encore été officiellement annoncée. Mais M. Erdogan a déjà déclaré avoir retenu le dimanche 1er novembre pour ce scrutin.

(ats)

Votre opinion