Football – De Bilbao à Salonique, le quota d’étrangers varie du tout au tout
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FootballDe Bilbao à Salonique, le quota d’étrangers varie du tout au tout

Les Basques n’alignent pas d’étrangers, les Grecs s’appuient quasi exclusivement sur eux. Et au milieu, la Super League…

par
Emile Perrin
Le Néerlandais de Servette Alex Schalk à la lutte avec l’Ivoirien de Young Boys Mohamed Ali Camara.

Le Néerlandais de Servette Alex Schalk à la lutte avec l’Ivoirien de Young Boys Mohamed Ali Camara.

Claudio De Capitani/freshfocus

L’Athletic Bilbao à une extrême, Aris Salonique à l’autre. C’est ce que révèle une étude de l’Observatoire football du CIES de Neuchâtel. Le Centre international d’étude du sport a établi le classement des clubs en pourcentages de minutes jouées par des joueurs expatriés. Trente et un championnats de première division en Europe ont été passés au crible.

Sans surprise, les Basques de l’Athletic Bilbao, qui font traditionnellement et historiquement confiance aux joueurs du sérail, affichent un taux de 0%, tout comme les Ukrainiens du FK Desna. À l’opposé, deux clubs grecs et trois chypriotes sont friands de joueurs étrangers. Avec 98,4%, Aris Salonique est intouchable en tête de ce classement spécifique.

Au sein des cinq plus grands championnats, l’Udinese mène le bal (88%), devant Chelsea (86,8%) et l’Atalanta (86,3%).

Lugano, le bon élève

En Suisse, Lugano fait office de bon élève quand il s’agit de donner la parole aux Helvètes. Avec «seulement» 28,6% d’étrangers alignés, les Tessinois devancent Young Boys (40,9%) et Saint-Gall (47,7%). Les clubs romands sont plus loin. Dans l’ordre, Sion (53,7%), Lausanne (54,2%) et Servette (59,8%) font davantage appel à des expatriés. Seul Grasshopper (64%) est plus «gourmand».

«Dans une élite à dix clubs, le ventre mou n’existe pas. C’est donc plus difficile d’intégrer des jeunes joueurs, car ils sont plus rapidement mis sous pression», constate David Sène, responsable de la pré-formation au sein du Team Vaud. Dès lors, certains clubs vont chercher cette expérience ailleurs. «Il faut accumuler les matches pour acquérir une certaine routine», appuie le formateur.

Toutefois, Young Boys, quadruple champion de Suisse en titre, prouve qu’il est possible d’allier résultats et «suissitude». «Chaque club a sa propre philosophie. Les bons joueurs suisses existent, relance David Sène. Young Boys a dû effectuer quelques réglages avant d’arriver à aligner ses titres. Reste que la clé de la réussite est à chercher dans le mélange des forces. Entre Suisses et étrangers, jeunes et plus anciens, peu importe la nationalité.»

De manière globale et dans les championnats du «big-5», l’Italie fait le plus confiance à des joueurs expatriés (64,6%), davantage qu’en Angleterre (60), en Allemagne (52,6), en Espagne (41,8) ou en France (39,2). La Suisse affiche un taux de 50,2%.

Aligner des jeunes Suisses ne paie pas… pour l’instant

Après un quart des championnats de Super et Challenge Leagues, Lausanne et Kriens pointent en tête du classement spécifique concernant les jeunes Suisses titularisés. Si les deux clubs ferment actuellement la marche du «vrai» classement, jamais une équipe qui a remporté la palme du «jeunisme» n’a connu les affres de la relégation.

Voilà qui devrait donc inciter le club de la Tuilière à poursuivre sur sa voie. Avec 17 titularisations «empilées» par quatre éléments nés en 2000 ou après, le LS devance Zurich (15, actuel 3e) et Saint-Gall (13, 8e). Servette et Sion sont plus loin avec sept titularisations.

En Challenge League, Kriens a fait confiance aux jeunes Helvètes à 34 reprises avec neuf joueurs différents. C’est mieux que Wil (28, avec 7 éléments) et Yverdon (19, 4 joueurs). Xamax et Stade Lausanne affichent 15 titularisations de jeunes Helvètes.

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