Communication: De Fribourg à Matignon, les gouvernants sortent le pull

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CommunicationDe Fribourg à Matignon, les gouvernants sortent le pull

En Suisse comme en France, on s’affiche bien emmitouflés pour donner l’exemple. Quitte à susciter certaines critiques.

par
Renaud Michiels
Le conseil d’État fribourgeois s’affiche bien couvert, avec des pulls, polaires, vestes et écharpes.

Le conseil d’État fribourgeois s’affiche bien couvert, avec des pulls, polaires, vestes et écharpes.

Canton de Fribourg

Réduction du chauffage dans les bâtiments de l’administration, réduction de l’éclairage ou campagne de sensibilisation: mardi, Fribourg a annoncé ses mesures prises pour lutter contre la crise énergétique. Le communiqué ne contient pas un mot sur l’habillement, mais la photo proposée est éloquente. Le conseil d’État a posé bien emmitouflé, histoire de dire qu’il vaut mieux s’habiller chaudement et réduire un peu le chauffage.

Sur la photo nommée «Le Conseil d’État ajoute une couche», Sylvie Bonvin-Sansonnens, Jean-François Steiert, Olivier Curty et Philippe Demierre portent donc par exemple un gros pull, Jean-Pierre Siggen une polaire et la chancelière Danielle Gagnaux-Morel une veste et une grosse écharpe.

Nos voisins français ont eu droit aux mêmes scènes cette semaine, et ce jusqu’au sommet de l’État. La Première ministre Élisabeth Borne a indiqué lundi que la règle, pour le chauffage des bâtiments, c’est dorénavant 19 degrés. Depuis, elle s’est affichée en doudoune. Même à l’intérieur, lors de ses rencontres à Matignon. En déplacement mercredi, Mme Borne portait à nouveau une doudoune, tout comme sa ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher.

Une doudoune même à l’intérieur pour Élisabeth Borne.

Une doudoune même à l’intérieur pour Élisabeth Borne.

Twitter

Mardi, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire est allé dans le même sens. «Vous ne me verrez plus avec une cravate mais avec un col roulé. Et je pense que ce sera très bien, ça nous permettra de faire des économies d’énergie, de faire preuve de sobriété», a-t-il lancé sur France Inter. Et de s’afficher sur Twitter en conséquence.

On peut imaginer qu’en Suisse, en France et ailleurs, d’autres gouvernants vont vouloir donner l’exemple, en «sortant couvert». Leur message sera clair mais, déjà, il suscite certaines critiques. Marine Le Pen a ainsi ironisé sur Bruno Le Maire, sur le thème du riche qui comprendrait les soucis des Français moyens. «Ils n’ont pas assez de chauffage? Qu’ils mettent du cachemire!», a-t-elle balancé sur Twitter, renommant le ministre «Marie-Antoinette Le Maire»…

Plus sur le fond, certains communicants trouvent la manœuvre un brin «grotesque», comme Gaspard Gantzer, ancien responsable de l’image de François Hollande. «Je trouve l’intention louable mais cette posture est paternaliste. Il y a un petit côté «mes bons enfants, faites comme vos parents», mettez des gros pulls», a-t-il tranché sur BFMTV.

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