Éditorial - De Greta Thunberg à la loi sur le CO₂
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ÉditorialDe Greta Thunberg à la loi sur le CO₂

En deux ans, une large coalition s’est formée pour soutenir la protection du climat. Mais la partie est loin d’être gagnée le 13 juin.

par
Eric Felley
Le 5 août 2019, Greta Thunberg s’arrêtait à Lausanne pour participer au  «Smile for Future Summit for climate» en compagnie de Jacques Dubochet, Prix Nobel de Chimie 2017.

Le 5 août 2019, Greta Thunberg s’arrêtait à Lausanne pour participer au «Smile for Future Summit for climate» en compagnie de Jacques Dubochet, Prix Nobel de Chimie 2017.

Fabrice Coffrini/AFP

Ce mardi à Berne, une coalition réunissant tous les partis, à l’exception de l’UDC, a lancé la campagne en faveur de la loi sur le CO₂ acceptée en septembre dernier par le Parlement, mais attaquée par référendum. Lancée en 2017, elle avait été coulée par le Conseil national fin 2018, avant d’être reprise par le Conseil des États en 2019 et d’aboutir finalement à quelque chose qui permet aujourd’hui aux PLR, PDC, Verts libéraux, Verts et socialistes de la défendre ensemble.

La loi est donc revenue de loin. Le mouvement mondial, qui s’est déclenché fin 2018 et début 2019 avec l’apparition de la jeune icône suédoise Greta Thunberg, y est pour une bonne part. Le principe de la Grève du climat a fait descendre dans la rue des milliers d’étudiantes et d’étudiants. Il a fait tache d’huile dans toutes les capitales et n’a pas épargné la Suisse, où les premières manifestations ont eu lieu en janvier 2019. Le monde politique se devait d’agir pour apporter une solution dans le sens des Accords de Paris et de la réduction des émissions de CO₂.

Sur le plan fédéral, c’est le changement d’attitude du PLR qui a permis de trouver un compromis avec le Centre et la gauche. Le PLR a fait son introspection et ses membres lui ont donné une nouvelle direction en matière environnementale. Le conseiller aux États Damian Muller (PLR/LU) a déclaré ce mardi: «Plus tôt nous prendrons le bon chemin pour la Suisse, moins chers et moins extrêmes seront les sacrifices futurs pour respecter l’engagement de l’accord de Paris sur le climat. Nous le faisons pour les générations futures afin qu’elles aient les mêmes conditions de vie». Comment ne pas reconnaître le message de Greta Thunberg, derrière cette déclaration?

Comité opposé au lobby pétrolier

Sa collègue du Centre, Christine Bulliard-Marbach (C/FR), a ajouté: «En tant que pays alpin, la Suisse est particulièrement touchée par le changement climatique. C’est pourquoi les régions de montagne soutiennent la loi sur le CO2». Dans communiqué commun, les partisans de la loi ajoutent: «Le comité est prêt à s’opposer au lobby pétrolier, qui se tient derrière le référendum. Le bien commun doit primer sur les intérêts particuliers…»

C’est dans les cantons alpins et périphériques que va se jouer le sort de cette loi. L’UDC insiste sur la nécessité de la voiture individuelle et le renchérissement des transports. C’est ici que l’on verra si l’électorat traditionnel du PLR ou du PDC a suffisamment fait sa mue climatique pour accepter une hausse du prix de l’essence ou du mazout. Les élus de ces deux partis n’auront pas la tâche facile pour faire la promotion de ces taxes vertes dans des milieux qui restent majoritairement hostiles au discours écologique. Qui plus est, dans ces régions, où le refus probable des initiatives sur les pesticides pourrait entraîner avec lui celui de la loi sur le CO₂.

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