30.01.2020 à 10:35

GenèveDe Grisogono envisage un licenciement collectif

Le joaillier genevois a déposé une requête de mise en faillite pour insolvabilité et ouvert une procédure de consultation auprès de ses employés.

Le sort du personnel chez Grisogono inquiète au plus haut point.

Le sort du personnel chez Grisogono inquiète au plus haut point.

Keystone

Lâché par ses actionnaires suite aux révélations des «Luanda Leaks», le joaillier De Grisogono va cesser ses activités. La maison genevoise a déposé une requête de mise en faillite pour insolvabilité. Un licenciement collectif est envisagé.

Le conseil d'administration a averti les employés lors d'une réunion qui s'est tenue mercredi, indique De Grisogono dans un communiqué. L'information avait été révélée mardi par l'hebdomadaire «GHI». Si la requête de mise en faillite est acceptée, la totalité des emplois, soit 65 postes, sera «vraisemblablement affectée».

Le joaillier genevois recherchait un repreneur depuis plusieurs mois, un processus n'ayant pas abouti malgré de «considérables avancées». «Sans soutien financier des actionnaires actuels, et sans repreneur, la solvabilité de l'entreprise est désormais remise en question, rendant de ce fait la continuation de l'activité impossible», affirme la société basée à Plan-les-Ouates.

La maison genevoise a ouvert une procédure de consultation auprès de ses employés, selon le communiqué. Dans son édition du jour, «l'Agefi» rapporte que le personnel a été licencié «sans indemnité et sans préavis». Les filiales américaine, italienne et émiratie de la marque sont aussi concernées, pour un total de quinze postes de travail, selon le quotidien économique.

«Luanda Leaks»

Depuis 2012, De Grisogono appartient à des intérêts angolais, par le biais de Victoria Holding et l'entreprise publique Sodiam. Au centre de ce dispositif reposait Isabel Dos Santos, fille de l'ancien président de l'Angola José Eduardo dos Santos, accusée de s'être enrichie illégalement en siphonnant l'argent public de son pays.

Cette affaire trouve son origine dans les révélations dites «Luanda Leaks», soit la fuite de quelque 715'000 documents exploités par le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ). Leur publication remonte à une dizaine de jours. Selon la «Tribune de Genève», De Grisogono doit plus de 1,4 million de francs à ses fournisseurs, principalement des sous-traitants horlogers de l'Arc jurassien.

Suite à la disgrâce d'Isabel Dos Santos, la Société publique angolaise de commercialisation des diamants (Sodiam) aurait décidé de ne plus soutenir financièrement le joailler genevois, qui aurait causé 225 millions de dollars de pertes au groupe chargé de l'exportation de diamants angolais. La marque a été fondée en 1993 par le joaillier Fawaz Gruosi.

(ats)

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