Commentaire – De la France en marche à Debout la Suisse…
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CommentaireDe la France en marche à Debout la Suisse…

Les campagnes contre la loi Covid-19 ont fait émerger en Suisse une population citoyenne hétéroclite opposée aux mesures. Cela suffira-t-il à créer un mouvement pérenne au plan national?

par
Eric Felley
Werner Boxler, une des figures de l’opposition à la politique de la Confédération. Ici lors d’un meeting à Lausanne.

Werner Boxler, une des figures de l’opposition à la politique de la Confédération. Ici lors d’un meeting à Lausanne.

DR/FB

«Le Matin Dimanche» et la «SonntagsZeitung» nous apprennent ce dimanche que certains mouvements ayant participé à la campagne contre la loi Covid-19 ont décidé de s’allier sous la bannière «Debout la Suisse». L’objectif est de présenter sous peu une plateforme politique et de participer à des élections cantonales, puis aux élections fédérales de 2023. Le plus fourni de ces mouvements est celui des Amis de la Constitutions, dont le coprésident est Werner Boxler, et qui compte quelque 22 000 membres. On y trouve aussi le Mouvement suisse pour la liberté citoyenne implanté en Suisse romande. Cependant le mouvement radical alémanique Mass Voll (la coupe est pleine) n’en fait pas partie.

Défense des libertés

Les opposants à la loi Covid-19 constituent une masse très hétéroclite de citoyens. La droite de type UDC y est certes bien représentée, mais d’autres sensibilités ont rejoint ce combat, notamment dans les milieux anti-vaccins que l’on trouve chez les écologistes. Enfin, il y aurait toute une population sans parti prête à s’engager dans un mouvement de ce type. Sans programme estampillé de gauche ou de droite, Debout la Suisse veut prôner le retour à l’ordre constitutionnel et met la priorité sur la défense des libertés individuelles contre les menaces étatiques, sécuritaires ou économiques.

«Une victoire de l’éveil de la conscience»

«La liberté de l’homme consiste à ne jamais faire ce qu’il ne veut pas», a déclaré dans ses discours de campagne Werner Boxler. Ce dimanche, après avoir pris acte de la défaite du référendum contre la loi Covid-19, il a déclaré sur la RTS être «déçu et content». Il a ajouté que les quelque 40% de personnes qui ont refusé le certificat sanitaire représentaient plus de 3 millions de personnes, largement de quoi construire un projet politique. Werner Boxler, qui pratique la profession de coach de vie, a aussi des formules que l’on n’entend rarement dans le discours politique habituel. Pour lui, le résultat de ce dimanche est «une victoire de l’éveil de la conscience».

Construire dans chaque canton

Quand on entend l’appellation Debout la Suisse, on a envie de tirer un parallèle avec le mouvement En marche lancé en France par Emmanuel Macron en 2016. Lorsque La République en marche a été créée, les Français en avaient une perception très diverse. Pour 21% elle se situait à gauche ou au centre gauche, pour 33% au centre et pour 28% à droite ou au centre droit. Aujourd’hui cette perception a évolué davantage vers la droite.

Mais la Suisse n’est pas la France et Werner Boxler ne sera probablement jamais président. Avant de pouvoir s’imposer au plan national, Debout la Suisse doit construire dans chaque canton une entité, trouver des leaders et cela prend beaucoup de temps. Et, si le mouvement peut naître et se développer principalement contre les mesures liées à la pandémie, il se pourrait qu’il s’affaiblisse assez vite, si elle venait à s’éteindre.

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