12.06.2018 à 21:29

De la prison ferme pour avoir voulu aller en Syrie

France

Trois jeunes Français ont été condamnés à des peines de 5 à 9 ans de prison pour avoir tenté de se rendre en Syrie.

«Partir rejoindre l'État islamique après novembre 2015, c'est partir en pleine adhésion à ses exactions», a estimé la procureure lors du procès de trois Français ayant tenté de rejoindre la Syrie. (Photo d'illustration)

«Partir rejoindre l'État islamique après novembre 2015, c'est partir en pleine adhésion à ses exactions», a estimé la procureure lors du procès de trois Français ayant tenté de rejoindre la Syrie. (Photo d'illustration)

AFP

Des peines de cinq à neuf ans de prison ont été prononcées mardi contre trois jeunes de l'est de la France qui voulaient gagner la Syrie quelques mois après les attentats de 2015 à Paris, dont ils connaissaient l'un des kamikazes.

Alperen C. (22 ans), Mustafa S. (26 ans) et Saïd I. (32 ans), originaires de la même ville proche de Strasbourg (est) et qui gravitaient depuis des années autour d'une filière djihadiste d'Alsace, ont été condamnés pour association de malfaiteurs à visée terroriste.

Ils avaient tenté de partir ensemble en Syrie en mai 2016, un voyage par la route qui avait tourné court car ils avaient rebroussé chemin à la frontière austro-slovène, l'un d'eux n'ayant pas tous ses papiers.

«Partir rejoindre l'État islamique après novembre 2015, c'est partir en pleine adhésion à ses exactions» et à «la terreur et l'effroi» qu'il a semés en France en 2015, a estimé mardi la procureure, en appelant à une sévérité exemplaire envers ceux qui «ne pouvaient pas ne pas savoir».

Empêché in extremis

Elle a été suivie par le tribunal concernant les deux prévenus récidivistes, Alperen C. et Mustafa S., condamnés respectivement à neuf et huit ans de prison, assortis d'une période de sûreté des deux tiers.

Alperen C. a écopé de la peine la plus lourde, juste en dessous du maximum de dix ans, car il avait déjà séjourné en Syrie en 2014 et a reconnu y avoir été entraîné au maniement des armes par un groupe djihadiste.

Mustafa S. avait lui déjà tenté de partir en Syrie en décembre 2013 mais en avait été empêché in extremis par sa famille, alors qu'il allait partir avec son ami d'enfance Foued Mohamed-Aggad. Ce dernier, qui partira lui à cette occasion, sera un des kamikazes du Bataclan, à Paris, en 2015.

Le tribunal a fait preuve de plus de mansuétude envers Saïd I., considéré comme mieux inséré dans la société et séduit plus tardivement que les deux autres par les sirènes djihadistes. Il a écopé de cinq ans de prison sans période de sûreté, contre six avec deux tiers de sûreté requis. Les prévenus ont dix jours pour faire appel.

(AFP)

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