Sport en fauteuil roulant: De l’initiation du skate en fauteuil roulant aux conseils de pros

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Sport en fauteuil roulantDe l’initiation du skate en fauteuil roulant aux conseils de pros

L’Association suisse des paraplégiques a organisé l’événement «Move on» de vendredi à dimanche à Yverdon. Au programme: différents sports à tester, encadrés par des pros.

par
Rebecca Garcia
À Yverdon, les participants à l’événement ont pu tester divers sports.

À Yverdon, les participants à l’événement ont pu tester divers sports.

DR

Quand on entre dans la salle, on voit d’abord des sportifs s’essayer à l’escrime. Plus loin, des personnes jouent au badminton et au tennis de table. La particularité? Toutes évoluent avec une chaise roulante. Yverdon accueille ces sportifs pour leur permettre de tester différentes activités. «Move on» – nom de l’événement – sert à sensibiliser et à faire découvrir des sports.

«Par exemple, quelqu’un va peut-être se prendre au jeu du badminton pour ensuite s’inscrire dans un club proche de chez lui», explique Sophie Gnaegi, qui travaille en Romandie pour l’Association suisse des paraplégiques.

Et pour montrer l’exemple, Cynthia Mathez et Karin Suter – qui ont participé aux Jeux paralympiques de Tokyo – donnent des conseils aux nouveaux pratiquants. Les deux athlètes dégagent une aisance et une fluidité déconcertante pour aller attraper les volants vicieux autour d’elles.

«Ils y prennent goût»

Même scène au tennis de table, là où les habitués parviennent à aller chercher des balles que peu rattrapent. «Il faut environ 6 heures pour maîtriser», indique Claude Jacquet, qui a longtemps dirigé le club en fauteuil roulant de la Gruyère. Tout souriant, il constate que ce sport plaît autant qu’il est accessible. «Ils y prennent goût», note-t-il en voyant les participants se saisir des raquettes.

Les échanges sont vifs, et des corbeilles à balles sont installées de part et d’autre pour permettre aux joueurs d’avoir des balles à portée. L’un des participants roule sur une balle, et s’excuse avec bonne humeur.

Il joue à ce moment-là contre une personne ne souffrant d’aucun handicap. Elle aussi dispose d’une chaise, même si elle reconnaît qu’elle effectue sans le vouloir certains gestes que des athlètes paraplégiques ne pourraient pas réaliser.

Développer et partager

La Suisse compte 27 clubs de sport en fauteuil roulant en tout, 11 sont situés en Suisse romande. Ce sont eux qui choisissent ceux qu’ils veulent organiser. À Lausanne, l’escrime est née il y a peu. «Pour une bonne pratique, il suffit d’avoir le système de fixation des fauteuils. Le reste du matériel est similaire à celui utilisé par les personnes valides», explique Aymeric Guiot, maître d’armes.

L’escrime en fauteuil nécessite un système de fixation.

L’escrime en fauteuil nécessite un système de fixation.

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Le Français profite de la pause de ses deux élèves du moment pour parler des difficultés organisationnelles: «j’ai remarqué qu’à Lausanne, toutes les activités en fauteuil roulant avaient lieu le même jour.» Le lundi, les sportifs ont l’embarras du choix. Le reste de la semaine, c’est plus compliqué.

Pour marquer les esprits, «Move on» a aussi proposé un spectacle de WCMX. L’autre nom de la discipline: le skate en fauteuil roulant. Les athlètes ont sous les pieds des barres renforcées qui leur permettent de slider.

Ils peuvent aussi s’élancer sur les rampes, comme le font les skateurs. Ce qui est en somme une superbe façon de montrer au monde que l’excellence se retrouve à tous les niveaux. Et que le goût de la glisse ne dépend de rien d’autre que de la passion.

La logistique des chaises

Des sports comme le basket, le volley ou le badminton nécessitent des changements de trajectoire rapides. D’où l’intérêt d’avoir des fauteuils adaptés, notamment via l’orientation des roues et un mécanisme anti bascule. Pour cela, l’Association suisse des paraplégiques a entassé une vingtaine de chaises roulantes dans un véhicule pour les amener de Nottwil, leur siège, à Yverdon.

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