Genève: De Maudet à Poggia, la descente aux enfers pour Uber!
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GenèveDe Maudet à Poggia, la descente aux enfers pour Uber!

Mauro Poggia traite Uber et les plateformes de transport de «barbares». Il y a deux ans, Uber se félicitait d'avoir trouvé à Genève un pays de cocagne...

par
Eric Felley
De Pierre Maudet à Mauro Poggia, la bienveillance envers les méthodes d'Uber et consorts s'est nettement émoussée. Au contraire, le second entend faire le ménage.

De Pierre Maudet à Mauro Poggia, la bienveillance envers les méthodes d'Uber et consorts s'est nettement émoussée. Au contraire, le second entend faire le ménage.

Keystone

«Durant ma carrière, je n’ai jamais rencontré une oreille aussi attentive des autorités.» Il y a deux ans à peine, le directeur d'Uber Suisse, Alexandre Molla, parlait ainsi de son expérience à Genève, où son entreprise américaine a posé pied en 2014 pour se développer en Suisse romande. Deux petites années plus tard, le conseiller d'Etat Mauro Poggia, en charge de l'emploi, dénonce aujourd'hui dans la «Tribune de Genève» des méthodes comparables aux «invasions barbares qui se servent tant qu'elles ne trouvent pas de remparts sur leur chemin».

«Gabegie»

A l'instar d'un Donald Trump du marché du travail, Mauro Poggia parle de faire un mur: «un barrage avec les instruments juridiques dont nous disposons». Il dénonce la «gabegie» qui s'est installée une année seulement après l'entrée en vigueur d'une nouvelle loi concoctée alors par son prédécesseur, aujourd'hui en disgrâce, Pierre Maudet. «La Suisse est le pays de la paix sociale, poursuit-il, il est temps que les grands groupes américains le comprennent...»

Genève faisait partie des «bons élèves»

Il y a deux ans, donc, Alexandre Molla ne tarissait pas d'éloges sur l'accueil que Genève réservait au business d'Uber dans ses rues. Dans un article du «Temps» de mars 2017: «Genève fait clairement partie des bons élèves, déclarait-il, grâce à l’intelligence et à la détermination de son ministre Pierre Maudet, lequel a immédiatement compris les enjeux et l’avenir de la mobilité, ainsi que l’essor et le rôle que peuvent jouer les nouvelles technologies dans la création d’un nouvel usage...»

Aujourd'hui, ses oreilles doivent siffler. Mauro Poggia constate: «Le modèle Uber fait supporter tous les risques d'entreprise aux particuliers. Des indépendants qui n'en n'ont que le nom et qui vivotent dans des conditions précaires sans assurance. On siffle la fin de la récréation».

Des impôts qui échappent à Genève

Enfin, il y a la question fiscale. A l'époque Alexandre Molla précisait: «75% des revenus que nous générons vont directement dans la poche des chauffeurs, lesquels sont imposés en Suisse. Toutefois, les 25% de frais de services ponctionnés pour les tarifs d’intermédiation sont fiscalisés à Amsterdam, notre siège international, à l’image de toute entreprise transfrontalière». C'est cela aussi qui horripile Mauro Poggia: «On n'a rien à perdre face à une entreprise qui ne verse pas d'impôts à Genève et qui aujourd'hui précarise les travailleurs.»

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