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ViolencesDe nouveaux affrontements font deux morts en Egypte

Deux personnes sont mortes vendredi en Egypte lors d'affrontements entre policiers et partisans du président islamiste destitué Mohamed Morsi, avant les résultats du référendum.

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L'ancien président Mohamed Morsi a vu sa condamnation à perpétuité pour espionnage être annulée. Il a été destitué en 2013. (Mardi 22 novembre 2016)

L'ancien président Mohamed Morsi a vu sa condamnation à perpétuité pour espionnage être annulée. Il a été destitué en 2013. (Mardi 22 novembre 2016)

Keystone
L'Australien Peter Greste, basé au Kenya (centre), et le Canado-Egyptien Mohamed Fahmy (gauche), chef du bureau du Caire d'Al-Jazeera en anglais, ont été condamnés à sept ans de prison. Leur collègue égyptien Baher Mohamed (droite) a écopé d'une peine supplémentaire de trois ans de prison pour détention d'armes. (23 juin 2014)

L'Australien Peter Greste, basé au Kenya (centre), et le Canado-Egyptien Mohamed Fahmy (gauche), chef du bureau du Caire d'Al-Jazeera en anglais, ont été condamnés à sept ans de prison. Leur collègue égyptien Baher Mohamed (droite) a écopé d'une peine supplémentaire de trois ans de prison pour détention d'armes. (23 juin 2014)

Keystone
Le correspondant australien d'Al-Jazeera, Peter Greste, a été condamné à sept ans de prison comme ses deux confrères égyptiens. (23 juin 2014)

Le correspondant australien d'Al-Jazeera, Peter Greste, a été condamné à sept ans de prison comme ses deux confrères égyptiens. (23 juin 2014)

Keystone

Des manifestants islamistes ont défilé dans plusieurs villes à l'appel de l'Alliance anti-Coup d'Etat, coalition pro-Morsi chapeautée par les Frères musulmans.

Un jeune homme de 23 ans a été tué lors de heurts à Fayyoum, à 100 km au sud du Caire, tandis que trois personnes ont été blessées par des tirs de chevrotine. Un autre homme est mort au Caire, selon le ministère de la Santé. Les forces de l'ordre ont fait usage de grenades lacrymogènes à Alexandrie, Ismaïliya et Suez.

Ces accrochages interviennent après la tenue mardi et mercredi d'un référendum constitutionnel, première étape de la transition promise par l'armée qui doit se poursuivre avec des élections législatives et présidentielle.

«Semaine révolutionnaire pacifique»

La victoire du oui (avec 98% des voix selon le quotidien gouvernemental Al-Ahram) ne faisait aucun doute avant la tenue du référendum. C'est la participation qui est scrutée à la loupe, d'autant qu'un proche du nouvel et très populaire homme fort du pays, le général Abdel Fattah al-Sissi, a laissé entendre qu'elle lui servirait d'«indicateur» à l'approche de l'élection présidentielle.

Les Frères musulmans, violemment réprimés depuis cet été et officiellement déclarés «terroristes», avaient appelé à boycotter le scrutin, si bien qu'il n'y a pas eu de campagne pour le non.

L'Alliance contre le coup d'Etat a appelé à une «semaine révolutionnaire pacifique», alors que les manifestations dégénèrent régulièrement en violences. Le premier jour du scrutin, neuf personnes avaient péri en marge de ces défilés et jeudi, un étudiant avait été tué au Caire.

Anniversaire sous haute tension

Les pro-Morsi peinent à mobiliser massivement face à l'implacable répression lancée par les nouvelles autorités, qui a fait plus de mille morts et des milliers d'arrestations dans leurs rangs. Les dirigeants des Frères musulmans encourent désormais la peine de mort et leurs participants aux manifestations, cinq ans de prison.

A l'approche du troisième anniversaire de la révolte du 25 janvier 2011 qui a chassé Hosni Moubarak du pouvoir, la journée de commémoration s'annonce sous haute tension.

«Préparez-vous à ce qui va arriver bientôt, rendez-vous le 25 janvier», ont prévenu les Frères musulmans. Et le ministre de l'Intérieur a appelé les partisans des nouvelles autorités à manifester en masse pour contrer «le plan des Frères musulmans pour semer le chaos».

Aide américaine

Les Etats-Unis suivent avec attention le référendum constitutionnel, mais n'ont pas encore décidé s'ils comptaient reprendre le versement d'un milliard et demi de dollars d'aide au pays.

Washington a partiellement suspendu son aide en octobre, suite à la répression des partisans du président destitué. Ils ont gelé la livraison d'équipements lourds tels que des hélicoptères de combat Apache, des avions de chasse F-16, des pièces détachées de chars Abrams et des missiles Harpoon.

(ats/afp)

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