09.10.2015 à 05:56

Union EuropéenneDe Rome à la Suède, premier transfert de réfugiés

Dans le cadre d'un programme de l'Union européenne de répartition des réfugiés, un premier groupe d’Érythréens va tenter sa chance en Suède.

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Le camp d'Idomeni a été évacué. Plusieurs milliers de personnes ont été déplacées vers des centres d'accueils, notamment à Thessalonique. (26 mai 2016)

Le camp d'Idomeni a été évacué. Plusieurs milliers de personnes ont été déplacées vers des centres d'accueils, notamment à Thessalonique. (26 mai 2016)

Marko Djurica, Reuters
A Idomeni, des heurts ont éclaté entre migrants et policiers macédoniens. Ces derniers ont utilisé des gaz lacrymogènes. (Dimanche 10 avril)

A Idomeni, des heurts ont éclaté entre migrants et policiers macédoniens. Ces derniers ont utilisé des gaz lacrymogènes. (Dimanche 10 avril)

Stoyan Nenov, Reuters
Peu après 5 heures, un petit ferry, Lesvos, et un catamaran plus imposant, Nezli Jale, ont embarqué un total de 131 personnes (Lundi 4 avril 2016).

Peu après 5 heures, un petit ferry, Lesvos, et un catamaran plus imposant, Nezli Jale, ont embarqué un total de 131 personnes (Lundi 4 avril 2016).

Keystone

Un premier contingent de réfugiés s'envole vendredi depuis Rome pour la Suède dans le cadre du programme de l'Union européenne sur une meilleure répartition des demandeurs d'asile qui affluent dans le sud de l'Europe, sur lequel les Européens s'étaient profondément divisés.

Les 20 réfugiés érythréens qui vont être transférés d'Italie en Suède dans la matinée sont les premiers sur 160'000 qui pourront bénéficier de ce programme de «relocalisations» inédit au sein de l'UE.

A la veille de ces premiers transferts, les 28 Etats membres ont fait front commun pour un renvoi plus systématique des migrants économiques, «l'autre face de la médaille» de leur réponse à la pire crise migratoire en Europe depuis 1945.

Muscler la «politique des retours» des clandestins

Ceux qui «n'ont pas besoin d'une protection internationale doivent retourner dans leurs pays d'origine», a résumé le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères Jean Asselborn, maître d’œuvre d'une réunion des ministres de l'Intérieur dans le Grand-Duché.

C'est «l'autre face de la médaille», a souligné le commissaire européen à l'Immigration, Dimitris Avramopoulos, alors que les 28 ont promis jeudi de muscler leur «politique des retours» des clandestins, migrants économiques africains ou pakistanais venus chercher une vie meilleure sur le Vieux Continent.

En 2014, seulement 39% des migrants illégaux faisant l'objet d'une obligation de quitter l'UE ont réellement quitté le territoire européen.

Accepter et soutenir les réfugiés, pas les migrants économiques

«Nous pouvons accepter et soutenir les gens qui ont besoin d'une protection (les réfugiés, ndlr) seulement si ceux qui n'en ont pas besoin ne viennent pas ou sont renvoyés rapidement», a estimé le ministre allemand de l'Intérieur Thomas de Maizière.

Ce dossier sera au cœur du sommet prévu les 11 et 12 novembre à La Valette (Malte), qui va réunir l'UE et des pays africains.

De son côté, le Conseil de sécurité de l'ONU devrait, selon des diplomates, adopter vendredi une résolution autorisant l'UE à arraisonner en haute mer des navires de migrants qui tentent de gagner l'Europe venant de Libye.

Maîtriser les frontières externes de l'UE

Les ministres ont par ailleurs réaffirmé leur volonté de reprendre d'urgence la maîtrise des frontières extérieures de l'UE, apparues comme perméables au point de conduire plusieurs Etats de l'espace Schengen à rétablir des contrôles à leurs frontières nationales.

«Si on ne parvient pas à rendre plus efficace le contrôle des frontières extérieures, il y a un risque énorme que Schengen ne survive pas», a lancé M. Asselborn, qui sera vendredi en Italie puis en Grèce avec M. Avramopoulos.

Les deux responsables iront constater sur l'île de Lampedusa, puis à Athènes, l'avancée des «hotspots», des centres d'accueil et d'enregistrement des migrants.

«Tri» entre migrants économiques et réfugiés dans les hotspot

Mais le chancelier autrichien Werner Faymann a émis des doutes jeudi sur la possibilité qu'ils ouvrent comme prévu d'ici fin novembre. «Il faudrait significativement plus de moyens et de personnel», a-t-il commenté.

C'est à partir de ces centres que doit être opéré le premier «tri» entre les arrivants dont la vie n'est pas menacée dans leurs pays, et qui doivent donc être rapatriés, et ceux qui peuvent prétendre au statut de réfugiés.

Parmi ces derniers, Syriens, Irakiens et Erythréens arrivés en Italie et en Grèce pourront ensuite être envoyés dans d'autres pays de l'UE selon le plan de répartition de 160'000 réfugiés adopté en septembre.

Renforcement de Frontex

Le ministre français Bernard Cazeneuve a plaidé pour la mise en place à long terme d'un véritable «corps de garde-frontières européens», qui pourrait être déployé sur décision des autorités européennes dans les zones soumises à une forte pression migratoire. Ce projet, avancé par la Commission, ne fait pas l'unanimité.

Tous les Etats membres sont tombés d'accord pour renforcer l'agence européenne Frontex, chargée de la surveillance des frontières extérieures de l'UE.

Frontex a appelé cette semaine les pays membres de l'UE à mettre à sa disposition 775 garde-frontières supplémentaires pour «gérer la pression migratoire». La réponse devra être donnée à l'occasion d'un nouveau sommet européen à Bruxelles, les 15-16 octobre.

10'000 réfugiés arrivent en Macédoine

Sur la «Route des Balkans», empruntée par 428'000 migrants depuis le début de l'année, la Macédoine a fait face jeudi à une nouvelle vague de migrants, avec 10'000 entrées en provenance de la Grèce au cours des dernières 24 heures.

L'UE s'est justement engagée jeudi soir à aider davantage les pays de transit des Balkans occidentaux et les voisins de la Syrie, frappés par l'exode de réfugiés vers l'Europe, tout en leur demandant des contreparties, lors d'une conférence à Luxembourg avec des représentants de tous ces pays.

Les Européens attendent notamment «des Balkans qu'ils contribuent à stabiliser la situation» et qu'ils jouent un rôle de «frein au mouvement» des réfugiés, a expliqué Jean Asselborn.

(AFP)

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