03.04.2017 à 07:37

Conseil d'EtatDébâcle de l'UDC à Neuchâtel après le 1er tour

La droite reste tout juste majoritaire au Grand Conseil neuchâtelois après les élections cantonales de dimanche.

Alain Ribaux et Laurent Favre, lors de la précédente élection en 2011.

Alain Ribaux et Laurent Favre, lors de la précédente élection en 2011.

Keystone

L'élection au Conseil d'Etat neuchâtelois dimanche n'a réservé aucune surprise. Les cinq ministres sortants, trois socialistes et deux PLR, ont terminé aux premières places. Mais aucun candidat n'a obtenu la majorité absolue. Un deuxième tour est prévu le 23 avril. Au Grand Conseil, la droite garde la majorité malgré la débâcle de l'UDC.

Le gouvernement à majorité de gauche devrait être confirmé. Les cinq conseillers d'Etat sortants ont toujours fait la course en tête. Aucun outsider n'est parvenu à se glisser entre eux tout au long du dépouillement. Les ministres, qui avaient annoncé l'an dernier leur volonté de poursuivre ensemble leur travail, ont atteint leur objectif.

Un second tour, pour autant que l'on ne s'achemine pas vers une élection tacite, ne devrait pas venir bouleverser les résultats de dimanche et menacer la composition de l'actuel Conseil d'Etat. Le délai pour le dépôt des candidatures est fixé à mardi 12h00.

Pas de majorité absolue

Le socialiste Jean-Nat Karakash pointe en tête avec 22'715 voix, ne ratant la majorité absolue que pour 101 voix. Le PLR Laurent Favre termine à la 2e place avec 21'957 voix. Il devance le second ministre libéral-radical Alain Ribaux qui recueille 21'626 voix.

Les socialistes Monika Maire-Hefti et Laurent Kurth arrivent à la 4e et à la 5e place avec respectivement 18'092 et 17'997 voix. Les conseillers d'Etat sortants ont relevé l'importance de la stabilité du gouvernement pour poursuivre les projets et à transmettre leur message «Un canton, un espace».

«C'est la plus grande marque de fierté d'avoir restauré la crédibilité du gouvernement dans un contexte extrêmement difficile», a expliqué le socialiste Laurent Kurth. Tous les conseillers d'Etat sortants ont affiché leur satisfaction à l'annonce des résultats.

Malgré l'échec du dossier hospitalier et les tensions avec la fonction publique, en particulier les enseignants, le Conseil d'Etat a réussi à convaincre en donnant une image d'unité et en tirant à la même corde. Le taux de participation a été faible avec 34,2%.

Laurent Kurth sanctionné

Comme pressenti, les citoyens de La Chaux-de-Fonds ont sanctionné Laurent Kurth. Le chef du Département de la santé et des finances s'était attiré des inimitiés dans le Haut du canton en défendant le projet de site unique de soins aigus à Neuchâtel, s'opposant à l'initiative pour deux hôpitaux lancée dans les Montagnes.

Avec 2206 voix dans la Métropole horlogère, Laurent Kurth a été largement devancé par ses deux colistiers. Jean-Nat Karakash a ainsi obtenu 3875 voix et Monika Maire-Hefti 3241 voix. Le Vert Fabien Fivaz a recueilli 3696 voix et le popiste Nago Humbert 2747. Les deux ministres PLR ont fait un millier de suffrages de plus que Laurent Kurth.

Le magistrat chaux-de-fonnier a également cristallisé la rancoeur de certains électeurs de gauche qui lui en veulent pour le programme d'austérité qu'il a défendu. L'élu socialiste a fait de bons résultats dans les communes du Bas du canton.

Première force politique du canton de Neuchâtel, le PLR n'a pas réussi à placer sa candidate dans le peloton de tête. La conseillère communale de Cornaux Isabelle Weber termine à la 7e place avec 12'177 voix. Elle est devancée par l'écologiste Fabien Fivaz qui récolte 12'536 voix.

Débâcle de l'UDC

Le popiste Nago Humbert arrive 8e avec 9130 voix, devançant les trois candidats du ticket UDC. L'UDC n'aura donc pas réussi à reconquérir le siège gagné par Yvan Perrin en 2013 et perdu une année plus tard après sa démission. Jean-Charles Legrix arrive 9e avec 6230 voix devant Xavier Challendes (6175) et Stephan Moser (5660). Au total, seize candidats étaient en lice pour ce premier tour de l'élection au Conseil d'Etat neuchâtelois.

Au Grand Conseil, l'UDC prend carrément une claque en chutant de 20 à 9 sièges. Sa débâcle est compensée par la progression du PLR qui passe de 35 à 43 sièges. Les Vert'libéraux passent de 5 à 4 et le PDC de 1 à 2.

Au final, la cohabitation devrait donc se poursuivre entre un gouvernement à majorité de gauche et un législatif à majorité de droite. Mais la droite ne contrôle plus que 58 fauteuils au lieu de 61. Le rôle d'arbitre que prennent souvent les Vert'libéraux lors des votes au Grand Conseil prendra d'autant plus d'importance.

La gauche est montée de 54 à 57 fauteuils. Le PS est descendu de 33 à 32. Les Verts ont gagné cinq sièges pour atteindre 17. POP-Solidarités passe de 9 à 8.

(ats)

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