Tennis: Débat: alors, fin de règne sur terre pour Nadal?
Publié

TennisDébat: alors, fin de règne sur terre pour Nadal?

Vaincu à Monte-Carlo et Barcelone, le roi de la terre battue flanche sur sa surface de prédilection. Inquiétant pour la suite? On en débat.

par
Sport-Center
Rafael Nadal n'a pas réussi son début de saison sur terre battue.

Rafael Nadal n'a pas réussi son début de saison sur terre battue.

Keystone

----------

Oui, «Rafa» est en bout de course

Oui, on peut enfin le dire – et l'écrire, Rafael Nadal est prenable sur terre battue. Chaque année depuis plus de dix ans, c'est la même rengaine: la saison sur brique pilée arrive en même temps que les beaux jours sans une once de suspense. Le «Taureau de Manacor» déboule toutes cornes en avant, avec ses grands sabots terriens pour écraser ses opposants un à un.

Mais la fin de cycle est là, sous nos yeux. Principal contradicteur de l'Espagnol sur l'ocre depuis quelques temps, Dominic Thiem a prouvé à Barcelone que s'engager dans la diagonale de coup droit de Nadal n'était plus peine perdue. Pour autant que l'on ait la puissance pour contrer son lift qui apparaît moins violent qu'auparavant... Après Novak Djokovic (7), l'Autrichien est désormais le joueur qui possède le plus grand nombre de victoires (4) sur terre battue face au Majorquin.

Pour la première fois depuis trois ans, Nadal est reparti vaincu de Monte-Carlo et Barcelone. En soit, c'est déjà un événement. Ce grand champion qui s'est nourri de victoires toute sa vie arrive au mois de mai sans avoir soulevé un trophée sur les quatre premiers mois de l'année. On avait plus vu cela depuis 2004. Pire encore, il ne sait juste plus gagner. Qui se souvient de son dernier sacre? C'était en août dernier, lors de l'Open du Canada, sur dur, une surface qui a détruit à petit feu son corps meurtri de presque 33 ans.

Ce n'est pas beau de vieillir. Il a tenté de positiver en racontant que son revers contre Thiem la semaine passée était son meilleur match de la saison sur terre jusqu'ici. Mais il a aussi reconnu avoir eu «peur de faire des erreurs, de manquer de confiance». Quoi? Nadal, qui dit cela, après un match sur terre battue? Irréel. Vulnérable sur sa surface de prédilection, Nadal n'est plus invincible. Et on se prend à rêver d'un Roland-Garros ouvert comme il ne l'a plus été depuis fort longtemps.

----------

Non, «Rafa» sera prêt pour Roland

La saison de terre européenne attaque sa quatrième semaine et Rafael Nadal n'a toujours pas soulevé un trophée. Catastrophe? Pas du tout. Fin de règne? Pas encore. Grande première? Même pas. Souvenons-nous en effet de l'enchaînement 2014-2015, les deux seules saisons qui ont vu le «Taureau de Manacor» mordre la poussière à Monte-Carlo puis à Barcelone, deux de ses adresses préférées.

En 2014, l'Espagnol est touché au dos depuis la finale de l'Open d'Australie perdue contre Stan Wawrinka (il finira l'année par une injection de cellules-souches). Ses bourreaux se nomment alors Ferrer (MCCC) et Almagro (Barcelone). L'année suivante, il se fait corriger par Djokovic sur le Rocher puis perd pied contre Fognini au trophée Godo. La différence entre ces deux séquences? En 2014, «Rafa» est en train de se reconstruire: il gagnera Rome puis Roland-Garros. En 2015, il sombre petit à petit au point d'évoquer «une blessure mentale» qui se matérialisera par trois défaites de plus (Murray, Wawrinka, Djokovic) et sa première saison de terre battue vierge de titre.

Pourquoi ce rappel historique est-il nécessaire? Parce que Rafael Nadal ne sait pas mentir face à la presse. Il est orgueilleux, cassant parfois mais, pour qui sait l'observer, il n'arrive pas à cacher ses espoirs ou ses doutes. Alors oui, «Rafa» aura 33 ans le 3 juin et, oui encore, son forfait à Indian Wells est venu rappeler à quel point il gère au quotidien un organisme usé et fragilisé. Mais écoutez ses mots à la sortie de sa défaite contre Thiem, samedi sur le central qui porte son nom. «Il y a des défaites qui aident et celle-ci en fait partie. Cela faisait quelque temps que je ne m'étais pas senti aussi bien. J'ai fait le meilleur match de ma tournée sur terre. C'est une base positive pour aller de l'avant.»

Cette phrase sonne comme du «Rafa 2014», pas son spectre de 2015. Elle annonce une montée en puissance à Madrid (un peu, les conditions lui sont défavorables) puis à Rome (beaucoup). Pour atteindre au matin du 27 mai le résultat que tout le monde connaît: à Roland, «Rafa» sera un autre homme.

----------

Et vous, qu'en pensez-vous?

Votre opinion