Thurgovie: Débat animé en vue sur le français au primaire
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ThurgovieDébat animé en vue sur le français au primaire

Le Grand Conseil thurgovien se prononcera mercredi sur la suppression éventuelle du français au niveau de l'école primaire. Les discussions promettent d'être animées.

Le 3 mai, les élus thurgoviens avaient décidé de maintenir la suppression du français, lors d'un premier débat.

Le 3 mai, les élus thurgoviens avaient décidé de maintenir la suppression du français, lors d'un premier débat.

Keystone

Un nouveau long débat est attendu mercredi au Parlement thurgovien, lors de la deuxième lecture de la loi scolaire prévoyant de repousser le français au secondaire. Deux paramètres entrent en jeu: les mesures prises par le gouvernement pour faciliter l'enseignement et le «non» zurichois à une seule langue étrangère au primaire.

La première lecture du 3 mai a donné lieu a un débat émotionnel au terme duquel le Grand Conseil thurgovien a décidé de maintenir le nouveau paragraphe de la loi scolaire prévoyant la suppression du français. La décision était tombée par 64 voix contre 53. L'UDC, les Verts, le PDC et l'UDF ont majoritairement soutenu le renvoi du français au secondaire. Le PLR, le PS, une minorité démocrate-chrétienne, les Vert'libéraux, le PBD et le PEV ont bataillé en vain.

Mercredi prochain, les esprits risquent bien d'à nouveau s'échauffer. En prévision d'un nouveau débat animé, la chancellerie a repoussé la deuxième lecture, initialement prévue le 17 mai, jour au programme déjà chargé.

En plus, deux nouveaux éléments viennent apporter de l'eau au moulin des partisans du français à l'école primaire. Dans une ultime tentative de renverser l'avis du Parlement, le gouvernement a annoncé mi-mai l'introduction de mesures visant à faciliter l'enseignement du français.

Enseignement par demi-classe dès 2018

Ces mesures ne sont pas nouvelles et le gouvernement en avait déjà informé le Parlement dans le cadre de la première lecture. L'exécutif les a toutefois maintenant concrétisées. Elles entreront en vigueur lors de l'année scolaire 2018/19, si le français n'a pas été repoussé au secondaire d'ici là.

Une importante mesure est la généralisation de l'enseignement en demi-classe. Tous les élèves profiteront d'au moins une période d'enseignement de français en petit groupe, mais en règle générale de deux périodes au cours des 5e et 6e années. Actuellement, seules 42% des classes sont concernées.

Par ailleurs, la dispense pour les élèves en difficulté sera facilitée et du nouveau matériel de cours viendra remplacer l'actuel, critiqué. Enfin, les notes en langues étrangères ne compteront plus directement pour l'affectation aux différents niveaux de l'école secondaire, mais seront simplement intégrées dans l'appréciation générale de l'élève.

«Non» du puissant voisin zurichois

Autre nouveau paramètre: le refus du peuple zurichois de ne garder qu'une seule langue étrangère à l'école primaire, tombé lors des votations du 21 mai. Il est toutefois difficile de dire si le «non» du puissant voisin va faire changer d'avis certains parlementaires par peur que la Thurgovie fasse cavalier seul en matière d'enseignement des langues étrangères.

En 2006, Zurich avait déjà refusé une initiative similaire, ce qui avait incité plusieurs cantons à faire machine arrière à leur tour. Pour les observateurs, l'argument jouera davantage un rôle si la loi scolaire thurgovienne est soumise au peuple. Le vote final sur la nouvelle loi scolaire est agendé au 28 juin, ont indiqué les services parlementaires à l'ats. Le même jour, le Parlement pourra décider s'il saisit le référendum.

(ats)

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