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FootballDébat: LS ou Servette, qui va gagner?

Leader de Challenge League, le Servette FC peut reléguer le LS à dix points samedi. Les Lausannois espèrent eux relancer le championnat.

par
Ugo Curty et Nicolas Jacquier
Le Genevois Steve Rouiller et le Lausannois Alexandre Pasche lors du premier affrontement de la saison, fin août, au Stade de Genève.

Le Genevois Steve Rouiller et le Lausannois Alexandre Pasche lors du premier affrontement de la saison, fin août, au Stade de Genève.

Keystone

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Ugo Curty: le LS a un statut à assumer

Trêve d’excuse, de tâtonnement, d’une modestie toute vaudoise. C’est maintenant ou jamais pour Lausanne, qui n’a pas d’autre choix que gagner samedi face à Servette. «Le LS n’assume pas encore son rôle de favori», plaidait début octobre le directeur sportif Pablo Iglesias. C’est le moins qu’on puisse dire. Taillée pour la Super League, la troupe de Giorgio Contini peut (enfin) prouver qu’elle a les épaules assez larges pour porter un tel costume.

Un automne qui chante n’annonce pas forcément un été glorieux. Les Lausannois le savent, certainement mieux que personne dans un passé récent en Suisse. Plus qu’une rivalité séculaire, ce derby lémanique sera plus qu’un simple match samedi. Pour le LS, il s’agira de relancer le championnat, mais surtout de chasser - pour de bon - les fantômes d’une relégation qui hantent encore les couloirs de la Pontaise.

Oui, Servette impressionne. Ce n’est pas un hasard si les Genevois restent sur 7 victoires d’affilée avec une moyenne de plus de trois buts par match. Mais l’effectif pléthorique du LS a largement les armes pour faire barrage à la vague grenat.

Les progrès démontrés contre Winterthour (victoire 5-1) et Aarau (nul frustrant 2-2) ne mentent pas. Un homme détient les clés du match: Francesco Margiotta. Muet depuis avril dernier, l’attaquant vaudois s’est libéré en trouvant les filets dimanche dernier. Samedi, l’Italien fera vaciller les espoirs des Genevois qui rêvent déjà de retrouver l’élite. Une Super League que le SFC avait quitté après la claque reçue à la Pontaise en mai 2013 (3-0). Première relégation sportive de l'histoire du club. Un souvenir qu’il s’agit désormais de raviver.

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Nicolas Jacquier: les gilets «grenat» en terrain conquis

A quelques heures du coup d’envoi du derby lémanique, tout parle en faveur des Genevois. On voit du reste assez mal comment ceux-ci n’en profiteraient pas pour enfoncer un LS bien trop inconstant au niveau du jeu présenté. Quand l’occasion se présente, il faut s’en saisir et c’est exactement ce qui va se passer.

Si Servette peut aborder sans (trop) trembler son déplacement du jour, c’est d’abord parce que le leader affiche une sérénité de nature à le préserver d’un coup d’arrêt. Fort des certitudes qui sont les siennes, le club «grenat», qui en est à sept succès de rang, entend poursuivre sa série. Cela ne garantit bien sûr pas encore sa victoire au coup de sifflet final mais lui offre les meilleures perspectives de repartir avec les trois points.

Curieusement, on serait moins confiant si le club de la Praille devait s’en aller guerroyer aujourd’hui à Wil, Schaffhouse ou Aarau, autant de déplacements piégeux. Mais là, à la Pontaise, transformé en un petit coin de paradis genevois depuis le 2 juin 1999 (une date anniversaire coïncidant avec son dernier titre de champion de Suisse), Servette a l’assurance d’évoluer en terrain conquis.

Mais pour le visiteur genevois présentant la meilleure attaque et la meilleure défense, il n’y a pas que les chiffres, il y a aussi la manière. Trois raisons au moins plaident en sa faveur.

En premier lieu, parce qu’Alain Geiger est Alain Geiger et que sous ses airs tranquilles, il est parvenu à insuffler à ses gilets «grenat» une dynamique de la gagne capable de renverser Lausanne. Quand on se trouve sur une vague du succès, pas question d’en redescendre.

Parce que Servette, injustement battu le 31 août à la Praille (0-1 pour LS), voudra rétablir la vérité du terrain en montrant qui est le vrai patron.

Parce que la pression va reposer exclusivement sur les joueurs de Contini, lesquels, devant leur public, peinent souvent à exprimer leur potentiel. Et cela, Servette ne se fera pas faute d’en profiter, n'en déplaise à tous ses amis vaudois.

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