Hockey sur glace: Débat: Mayer à la place de Descloux, une erreur?

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Hockey sur glaceDébat: Mayer à la place de Descloux, une erreur?

Ce vendredi face à Zurich (19h45), Robert Mayer devrait garder le filet de GE Servette. Un bon choix? Nos experts en débattent.

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Sport-Center
Entre Mayer (à g.) et Descloux, la hiérarchie ne s'établit pas.

Entre Mayer (à g.) et Descloux, la hiérarchie ne s'établit pas.

Depuis son arrivée aux Vernets en provenance de Hamilton (AHL), Robert Mayer était le choix No 1 de Chris McSorley. En quatre saisons, Robert Mayer n'a jamais été bousculé et son nom était toujours le premier inscrit sur la feuille de match de l'équipe des Vernets.

L'émergence de Descloux

Mais après une saison 2017-2018 bien compliquée, l'ancien junior de Kloten n'est plus forcément le titulaire indiscutable. Surtout que Gauthier Descloux vaut bien mieux qu'un rôle de substitut. Et il l'a prouvé lors de ses deux titularisations depuis le début du championnat.

Ce vendredi (19h45), GE Servette accueille le champion de Suisse en titre et une question doit tourmenter Chris McSorley: «Qui de Mayer ou Descloux doit jouer?» Même si la tendance semble donner l'avantage au premier nommé, «LeMatin.ch» a tenté de démêler ce sac de nœuds. Débat.

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CHRISTIAN MAILLARD, JOURNALISTE «C'est une bonne décision»

Pourquoi serait-ce une erreur de le remettre en cage? Quelle faute-a-t-il commise, lors de la première rencontre du championnat, à Bienne? S'il n'a pas été décisif pour éviter la défaite, ce n'est pas Robert Mayer qui a perdu la partie. Ce sont les Seelandais, tout simplement plus forts, qui l'ont gagnée, avec la collaboration d'un Fransson dépassé par les événements. Trahi par sa défense, le goalie no 1 des Vernets n'a rien à se reprocher. Il a d'ailleurs été élu le meilleur grenat du match ou le moins mauvais, c'est dire...

Non, s'il s'est retrouvé le lendemain à la porte, ce n'était pas une sanction. A Genève, en ce début de saison, Chris McSorley, Louis Matte et Sébastien Beaulieu, ses coaches, ont opté pour l'alternance, ce qui n'est pas une mauvaise chose quand on possède deux si bons as dans son jeu. Cette concurrence va aider les deux cerbères à se pousser mutuellement et se stimuler, à grandir ensemble. D'ailleurs, le «vieux» vit mieux cette situation qu'il y a douze mois où il entrait sur la glace avec la boule au ventre, avec un Woodcroft dans son dos qui l'avait plongé dans le doute avec une pression indécente. Alors oui, Gauthier Descloux, qui a brillamment défendu le filet des Aigles contre Fribourg et à Lausanne, a prouvé, à 22 ans, qu'il avait les épaules assez larges pour devenir rapidement un No 1 en Suisse. Le jeune Fribourgeois a déjà démontré la saison dernière à la Valascia qu'il était prêt à voler de ses propres ailes.

Mais à Genève, c'est encore Robert Mayer le meilleur, celui qui a la confiance de ses coéquipiers et de ses entraîneurs. Même s'il reste sur des play-offs complètement ratés, il n'était pas le seul à se noyer. Aujourd'hui, l'homme, très fort mentalement, qui s'est aussi stabilisé dans sa vie privée, effectue moins de sorties intempestives derrière sa cage. A 28 ans, plus serein, bien dans sa tête, il gère beaucoup mieux ses émotions. Ce n'est donc pas une erreur de le remettre en cage. Au contraire.

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GRÉGORY BEAUD, JOURNALISTE «C'est une mauvaise décision»

Il y a plusieurs raisons qui font que titulariser Robert Mayer serait une erreur. Mais aucune n'est directement imputable à la qualité ou à la forme de ce dernier tant c'est difficile de savoir où il se situe après le non-match réalisé par ses coéquipiers à Bienne le jour de sa seule titularisation (3-0).

1. Gauthier Descloux a mérité le droit de jouer ce défi face au champion en titre grâce ses performances sur glace tant contre FR Gottéron qu'à Lausanne. Le priver de glace ce soir serait, de facto, minimiser la qualité de ses prestations.

2. Lorsqu'une équipe possède deux gardiens d'égale valeur, une théorie réapndue consiste à jouer celui qui a la main chaude. Et celle de Gauthier Descloux n'est pas chaude. Elle est brûlante. A Malley 2.0, mardi, le gardien de 22 ans a été éblouissant. Son arrêt de fin de match sur Joel Vermin a laissé tout le public bouche bée. Face à une offensive telle que celle des ZSC Lions, autant mettre toutes les chances de son côté en jouant son gardien au top de sa forme ET de sa confiance.

3. Sébastien Beaulieu, entraîneur des gardiens, connaît mieux Robert Mayer que qiuconque. Il sait donc forcément comment il a réagi aux deux matches passés sur le banc à ouvrir la porte. Toujours est-il que le lancer dans le bain face à Denis Hollenstein et autres Roman Wick (sans compter le possible retour de Roman Cervenka), n'est pas le meilleur moyen de le remettre en confiance. Les dégâts d'un match raté pourraient être compliqués à gérer. Le déplacement de samedi à Ambri face à une équipe qui jouera son deuxième match en deux jours serait un moment largement plus propice pour effectuer une rocade.

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