Publié

BienneDéclarée morte, sa maman nonagénaire est bien vivante

Un courrier officiel a informé la fille de la «défunte», qui s’est empressée d’avoir sa mère au téléphone. Quatre jours plus tard, l’erreur a été admise et corrigée.

par
Vincent Donzé
Le courrier du Service des successions biennois qui appris à Mara que sa maman était décédée.

Le courrier du Service des successions biennois qui appris à Mara que sa maman était décédée.

Lematin.ch/Vincent Donzé

En rentrant chez elle après le travail, vendredi dernier à Bienne, Mara a eu le souffle coupé en ouvrant un courrier du Service des successions lui apprenant le décès de sa maman. Incrédule, elle a appelé sa mère, de retour dans son appartement après un séjour dans un home pour bénéficier de soins. «Tu vas bien?» lui a-t-elle demandé, sans lui dévoiler le motif de son appel.

Le courrier officiel exigeait l’établissement dans les dix jours d’un procès-verbal de scellés, avec les noms et adresses des héritiers légaux, le livret de famille, les extraits de comptes postaux et bancaires, la dernière déclaration d’impôt ainsi qu’un éventuel testament, contrat de mariage ou pacte successoral.

Cinq secondes

«Pendant cinq secondes, tu te dis qu’un jour, ce sera comme ça pour de vrai», a écrit sur Facebook la destinataire du courrier macabre. «Ça m’a fait froid le dos», confirme Mara, en s’avouant «un petit peu choquée». La fille s’est rendue chez sa maman pour lui en parler. Réaction de Vincenza, qui a toute sa tête à 91 ans: «Ben, ils sont drôles! Bien sûr que je suis vivante!»

Passé le week-end, un coup de fil a été lancé au Service des successions. «Vous pouvez préparer les documents», a insisté la préposée. «Mais, ma maman est vivante!» a répliqué Mara. De quoi stupéfier la fonctionnaire: «Comment ça vivante? Elle n’est pas décédée?».

À la maison

D’où venait l’erreur? Du home, où l’aînée a séjourné un mois à la suite d’une chute? «Je me suis empressé de vérifier le dossier de votre maman qui a bien été annoncée comme «rentrée à la maison».», lui a écrit par courriel le directeur du home, en reconnaissant l’aspect «choquant» du courrier municipal.

À l’État-civil, Vincenza n’a jamais été enregistrée comme décédée. Finalement, l’erreur a été localisée au département des EMS municipaux. Sans autres explications, des excuses ont été présentées ce mardi, qui ont été acceptées.

Des excuses ont aussi été formulées par le bureau des successions. Pour la fille de la «défunte», c’est un soulagement: «On n’a pas besoin de leur procurer un quelconque acte supplémentaire, l’erreur est ainsi close rapidement et sans tracas», indique-t-elle.

À Lyon

Affaire close à Bienne, alors qu’à Lyon, Jeanne Pouchain (58 ans) déclarée morte le 10 novembre 2017 se bat pour retrouver son identité. Son décès figure sur une décision de justice, à l’issue d’un procès qui l’opposait à une ancienne employée de sa société de nettoyage.

L’information du décès a été fournie par la plaignante dans le but d’obtenir des indemnités de la part des ayants droit. «Il n’y a pas d’acte de décès. Je ne sors plus parce que je ne sais pas ce qui risque d’arriver si je me fais arrêter, si j’ai un problème», a déclaré Jeanne Pouchain à l’AFP. Sans existence légale, elle n’a plus d’identité, plus de permis de conduire, plus de compte bancaire, plus de caisse maladie…

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!