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DopageDécouverte d'un test pour détecter les autotransfusions

Le dopage avec son propre sang enrichi en globules rouges n'est pour l'instant pas directement détectable. Des chercheurs lausannois, allemands et qataris ont découvert un test potentiel à base de micro-ARN.

L'autotransfusion permet au sportif de s'administrer peu avant l'épreuve un sang enrichi naturellement ou artificiellement en globules rouges.

L'autotransfusion permet au sportif de s'administrer peu avant l'épreuve un sang enrichi naturellement ou artificiellement en globules rouges.

Keystone

Les micro-ARN (miARN) sont de courts brins d'acide ribonucléique (ARN) jouant un rôle dans la régulation de l'activité des gènes. L'équipe de Nicolas Leuenberger, du Laboratoire suisse d'analyse du dopage (LAD) de l'Université de Lausanne, a constaté qu'après une autotransfusion, certains miARN se trouvent dans le sang en quantité trois à quatre fois plus grande.

Ils étaient détectables jusqu'à trois jours après la transfusion, écrivent les chercheurs dans la revue «PLoS ONE». Ces miARN viennent des poumons et du foie qui en produisent davantage après une transfusion sanguine, a expliqué Nicolas Leuenberger.

«Nos résultats pourraient servir de base au développement d'un test sanguin», écrivent les scientifiques. Idéalement, ces mesures de miARN devraient être intégrées dans le passeport biologique existant depuis quelques années où sont inscrits les résultats des tests d'urine et de sang pratiqués sur les sportifs afin de déceler les variations suspectes.

Baisse de l'EPO

Les chercheurs ont constaté en outre une baisse du taux d'érythropoïétine (EPO) - un facteur de croissance des précurseurs des globules rouges - chez les transfusés qui ne se vérifiait pas dans le groupe témoin de non-transfusés. Ils suggèrent par conséquent de développer un modèle mathématique basé sur la proportion miARN - EPO afin d'augmenter encore la précision du test.

Selon Nicolas Leuenberger, l'Agence mondiale antidopage est très intéressée aux molécules d'ARN comme biomarqueurs. Elle a d'ailleurs financé certains des projets menés dans le laboratoire lausannois. Mais d'ici à ce qu'un test soit homologué, cela prendra au moins trois ans, précise le spécialiste.

L'autotransfusion permet au sportif de s'administrer peu avant l'épreuve un sang enrichi naturellement ou artificiellement en globules rouges. La méthode, prisée dans les sports d'endurance, permettrait une hausse de performance de 5 à 10%.

Elle présente aussi des risques. Les globules rouges épaississent le sang et peuvent dans des cas extrêmes provoquer un caillot ou une surcharge du coeur. Actuellement, le seul moyen de détecter le dopage par transfusion est la découverte de conserves de sang ainsi que d'éventuelles anomalies dans le passeport biologique.

(ats)

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