08.01.2014 à 15:56

Faune sauvageDécouverte du cadavre d'un loup abattu dans les Grisons

Les autorités grisonnes ont déposé plainte contre inconnu après la découverte du cadavre d'un loup abattu de manière illégale.

Le jeune loup a succombé à ses blessures après une longue agonie.

Le jeune loup a succombé à ses blessures après une longue agonie.

Keystone

Un loup a été abattu de manière illégale dans les Grisons. Découvert mort près de Tamins (GR), l’animal tué était un membre de la meute forte de dix loups qui séjourne depuis un an et demi dans le massif du Calanda. Les autorités grisonnes ont déposé plainte contre inconnu.

Les gardes-chasse ont découvert le cadavre du loup vendredi dernier, indique mercredi le département cantonal de la construction, des transports et des forêts. Il s’agit d’un jeune mâle né sans doute l’an dernier au sein de la seule meute vivant actuellement en Suisse.

Selon les premières analyses, le loup est mort des suites d’une blessure par balle, rapportent les autorités. Une autopsie de son corps est en cours à l’Institut pathologique de l’Université de Berne.

Lente agonie

L’animal a été touché à une épaule et au cou par un tir latéral il y a une à deux semaines, précise à l’ats Hannes Jenny, de l’office cantonal de la chasse. Il a succombé à ses blessures après une longue agonie.

On ignore pour l’instant le lieu exact des faits. Seule certitude, ils se sont produits avant que la meute de loups ne s’approche du village de Tamins. Il n’existe donc a priori aucun lien entre l’arrivée de la meute et le coup de feu, ajoute M. Jenny.

Ministre surpris

«Cet abattage nous surprend totalement», confie le conseiller d’Etat Mario Cavigelli. La population grisonne est, certes, quelque peu préoccupée par la présence de la meute, sans toutefois exprimer de signe d’une grande inquiétude, selon lui.

«Informer intensément la population est notre principale priorité», affirme le ministre des infrastructures et des forêts. «Le loup n’est pas dangereux pour autant qu’on ne le nourrisse pas», a-t-il rappelé tout en réaffirmant sa confiance dans la gestion actuelle de la présence du loup sur la base des expériences positives faites jusqu’ici.

La situation dans le massif du Calanda, où vit la meute qui ne compte désormais plus que neuf loups, est en outre parfaitement «sous contrôle», assure Mario Cavigelli. Les gardes-chasse surveillent les loups et des mesures ont été prises pour protéger les troupeaux.

Braconnier à punir

Reste que l’abattage du jeune loup ne semble rien avoir d’un accident. Au vu de la munition utilisée, toute confusion peut être exclue, même dans le cadre de la chasse au renard, souligne le conseiller d’Etat démocrate-chrétien. Son département a déposé plainte contre inconnu auprès du Ministère public afin que l’auteur du coup de feu fatal soit poursuivi par la justice. «Le braconnier ne s’en sortira pas avec une amende d’ordre: même une peine privative de liberté est envisageable», prévient Mario Cavigelli.

Les organisations de protection des animaux réclament en tous cas une sanction sévère. Le WWF et le Groupe Loup Suisse «condamnent dans les termes les plus catégoriques» l’abattage illégal du jeune loup. Ils rappellent que la cohabitation entre l’homme et l’animal fonctionne bien dans le massif du Calanda.

La meute de loups a été repérée pour la première fois en août 2012 dans les Grisons. Venant du Valais, elle s’est alors installée dans le massif qui surplombe Coire, à la frontière entre les Grisons et le canton de St-Gall.

(ats)

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