Dédommagé pour avoir été fêté au boulot contre son gré
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États-UnisDédommagé pour avoir été fêté au boulot contre son gré

Sujet à des crises de panique, un employé ne voulait pas de pot d’anniversaire au bureau. Il a eu lieu. Un tribunal a condamné l’employeur à lui verser 450 000 dollars.

par
Michel Pralong
Les fêtes d’anniversaire, même au travail, rappellent de mauvais souvenirs à cet employé. Image d’illustration.

Les fêtes d’anniversaire, même au travail, rappellent de mauvais souvenirs à cet employé. Image d’illustration.

Getty Images

Cela partait certainement d’une bonne intention. Une entreprise de Covington, dans le Kentucky (USA), célèbre toujours l’anniversaire de ses employés en organisant une fête. Mais en 2019, Kevin, qui travaillait là depuis 10 mois, a demandé de ne pas faire cela pour lui. L’homme souffre en effet de troubles anxieux et de crises de panique et il craignait que cela lui arrive en cas de fiesta donnée en son honneur. D’autant plus que les fêtes d’anniversaire lui rappellent de mauvais souvenirs d’enfance liés au divorce de ses parents.

Sauf que le directeur de bureau a oublié cette requête et organisé la fête. Et cela n’a pas loupé, Kevin a fait une crise de panique et est parti se réfugier dans sa voiture pendant toute sa pause déjeuner. Plutôt que de s’excuser, les patrons de cet homme l’ont convoqué le lendemain et ils lui ont reproché d’avoir gâché la joie de ses collègues par son attitude et d’être «une petite fille». Nouvelle crise de panique, qui lui a valu cette fois son licenciement, ses employeurs disant craindre qu’il puisse se mettre en colère et devenir violent.

Discrimination

Kevin a poursuivi sa boîte et le procès s’est tenu fin mars dernier, comme le raconte CBS. Après deux jours de débats, le jury a conclu que l’employeur avait fait preuve de discrimination envers Kevin en raison de son handicap et qu’il avait exercé des représailles alors que l’employé ne demandait que des aménagements raisonnables. L’entreprise a été condamnée à verser au plaignant 450 000 dollars, 300 000 pour détresse émotionnelle et 150 000 pour la perte de son salaire.

L’avocate de la société persiste à dire que cette dernière nie toute responsabilité et va étudier les recours possibles.

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