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GENèVEDéfense du service public: 2000 personnes dans la rue

Environ 2000 personnes ont défilé jeudi en fin de journée dans les rues de Genève pour s'opposer au démantèlement du service public.

L'appel à la grève a été suivi par près d'un enseignant sur deux à l'école primaire et au cycle d'orientation.

L'appel à la grève a été suivi par près d'un enseignant sur deux à l'école primaire et au cycle d'orientation.

Keystone

Environ 2000 personnes ont défilé jeudi en fin de journée dans les rues de Genève pour s'opposer au démantèlement du service public. La manifestation ponctuait une journée de grève dans la fonction publique. La mobilisation a été assez forte dans l'enseignement et au sein des forces de l'ordre.

Préoccupés par la réforme limitant les possibilités de redoublement, des centaines de collégiens ont participé au défilé, amenant avec eux leur bonne humeur et leur fougue. Leurs slogans, chantés à tue-tête, brocardaient gentiment la responsable du département de l'instruction publique (DIP) Anne Emery-Torracinta.

Un enseignant sur deux en grève

L'appel à la grève a été suivi par près d'un enseignant sur deux à l'école primaire et au cycle d'orientation. Selon les chiffres donnés par le DIP, le secteur du post-obligatoire s'est moins mobilisé, avec seulement 8 % d'enseignants grévistes. Des différences importantes ont été constatées entre les établissements.

En soirée, les associations de l'Union du corps enseignant secondaire genevois (UCESG) ont voté à la majorité la suspension de la grève administrative des notes à l'école postobligatoire. Le Conseil d'Etat avait donné mercredi la garantie de l'absence de licenciements dans ce secteur et ajouté qu'il respectera l'accord signé avec les syndicats des enseignants en 2013.

La levée définitive de cette grève sera toutefois votée lorsque les négociations sur l«application totale de l«accord seront achevées, a souligné l'UCESG dans un communiqué.

Salle comble

Les forces de l'ordre ont été l'autre secteur de l'Etat particulièrement concerné par cette journée de mobilisation. Lors de l'assemblée générale convoquée jeudi après-midi par les syndicats, policiers et gardiens de prison étaient les mieux représentés avec les enseignants parmi les quelque 500 personnes présentes.

Les policiers n'ont cependant pas pu organiser une grève du zèle jeudi matin comme ils en avaient l'intention, leur hiérarchie leur ayant interdit de participer à une telle action s'ils étaient en service. La décision a fait bondir les syndicats de la police, qui ont dénoncé les pressions exercées sur les agents.

La cheffe de la police genevoise Monica Bonfanti a toutefois rejeté toute menace de licenciement. Elle a indiqué avoir simplement rappelé à ses troupes que pendant leur service les agents devaient obéir à leur hiérarchie et que cette dernière n'avait jamais confié comme mission d'organiser une grève du zèle.

Pierre d'achoppement

Le projet Score, qui vise à réformer la grille salariale des employés de l'Etat, est l'un des objets qui opposent les syndicats de la fonction publique au gouvernement genevois. Ce dernier voudrait une mise en œuvre en 2017. Les syndicats, estimant le processus opaque, exigent de leur côté l'abandon du projet, ou l'ouverture d'une véritable négociation avec tous les paramètres sur la table.

La fonction publique est aussi inquiète de certains projets de loi actuellement étudiés au Grand Conseil. L'un d'eux porte sur la répartition des cotisations du deuxième pilier entre l'Etat et l'employé. Actuellement, le canton prend à sa charge les 2/3 de la cotisation. Le projet de loi veut ramener cette contribution à 50 %.

Les syndicats et le Conseil d'Etat pourraient aussi s'écharper sur l'utilisation des éventuels excédents de recettes des comptes 2014 du canton. Pour les syndicats, cet argent pourrait servir à revenir sur les coupes contenues dans le budget 2015. Cette solution est totalement écartée par le gouvernement genevois.

En décembre dernier, avant le vote par le Grand Conseil du budget 2015 du canton de Genève, un débrayage avait été organisé au sein de la fonction publique. La manifestation qui avait suivi cette action avait réuni plus de 3000 personnes.

(ats)

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