Actualisé 12.06.2017 à 04:31

Déferlante Macron au premier tour

Législatives françaises

Ce premier tour est marqué par un taux d'abstention record depuis 1958 et des revers pour le PS et le FN.

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L'ancien président du Front national demande la démission de sa fille de la tête du parti, après ses défaites successives à la présidentielle et aux législatives. (Mardi 20 juin 2017)

L'ancien président du Front national demande la démission de sa fille de la tête du parti, après ses défaites successives à la présidentielle et aux législatives. (Mardi 20 juin 2017)

AFP
Selon les résultats définitifs, publiés lundi matin par le ministère de l'Intérieur, la République en marche obtient 308 sièges, le MoDem 42 sièges, Les Républicains 113 sièges, l'UDI 18 sièges, les divers droite 6 sièges, le Parti socialiste 29 sièges, le PRG 3 sièges, les divers gauche 12 sièges, La France insoumise 17 sièges, les écologistes 1 sièges, le Parti communiste 10 sièges, le Front national 8 sièges. (Lundi 19 juin 2017)

Selon les résultats définitifs, publiés lundi matin par le ministère de l'Intérieur, la République en marche obtient 308 sièges, le MoDem 42 sièges, Les Républicains 113 sièges, l'UDI 18 sièges, les divers droite 6 sièges, le Parti socialiste 29 sièges, le PRG 3 sièges, les divers gauche 12 sièges, La France insoumise 17 sièges, les écologistes 1 sièges, le Parti communiste 10 sièges, le Front national 8 sièges. (Lundi 19 juin 2017)

AFP
L'ancien premier ministre Manuel Valls s'est exprimé soues les huées au point d'être inaudible depuis la mairie d'Evry ce dimanche 18 juin vers 22h20. Il obtient une très courte victoire, qui s'est jouée à une petite centaine de voix près. D'où les huées car certains contestent les résultats.

L'ancien premier ministre Manuel Valls s'est exprimé soues les huées au point d'être inaudible depuis la mairie d'Evry ce dimanche 18 juin vers 22h20. Il obtient une très courte victoire, qui s'est jouée à une petite centaine de voix près. D'où les huées car certains contestent les résultats.

AFP

Le parti centriste du nouveau président français Emmanuel Macron s'apprête à rafler une écrasante majorité à l'Assemblée après avoir pulvérisé les partis traditionnels et l'extrême droite au premier tour des législatives dimanche, marquées par une abstention record.

Le mouvement présidentiel, La République En Marche (LREM), et ses alliés centristes, forts d'un tiers des voix environ, raviraient au second tour dimanche prochain entre 400 et 445 des 577 sièges de l'Assemblée nationale, selon les projections des instituts de sondage. Même un ministre mis en cause dans une affaire de transaction immobilière, Richard Ferrand, s'est qualifié haut la main pour le second tour.

[LÉGISLATIVES] Voici à quoi pourrait ressembler l'Assemblée nationale dans une semaine #Législatives2017pic.twitter.com/mXDxxpSW46— L'Express (@LEXPRESS) 11 juin 2017

«La France est de retour», a lancé le Premier ministre Edouard Philippe, en vantant les mérites d'un président qui «a su incarner en France comme sur la scène internationale la confiance, la volonté et l'audace». «Malgré l'abstention, le message des Français est sans ambiguïté», a-t-il estimé. «Pour la troisième fois consécutive, vous avez été des millions à confirmer votre attachement au projet de renouvellement, de rassemblement et de reconquête du président de la République».

Abstention record

Ce score tient de la performance pour un mouvement qui, après seulement un an d'existence, a réussi à dynamiter les partis traditionnels de gauche et de droite qui se partageaient le pouvoir en France depuis 60 ans.

Selon les résultats définitifs publiés dans la nuit par le ministère de l'Intérieur, LREM et ses alliés centristes arrivent largement en tête avec 32,32% des suffrages exprimés, devant la droite (21,56%) et le parti d'extrême droite Front national (13,20%). La France insoumise (LFI), parti de gauche radicale de Jean-Luc Mélenchon, et le Parti communiste obtiennent ensemble 13,74%, le Parti socialiste et ses alliés 9,51%, et les listes écologistes 4,30%.

L'abstention a atteint le niveau record de 51,29%, selon le ministère.

Déceptions à gauche et à droite

La droite, qui espérait en début de campagne priver le président Macron de majorité et le forcer à la cohabitation, terminerait avec 70 à 130 élus, selon les projections. Le chef de file de la droite à ces législatives, François Baroin, a appelé à la mobilisation pour éviter des «pouvoirs concentrés» dans «un seul et même parti».

A gauche, le Parti socialiste de l'ex-président François Hollande, qui contrôlait la moitié de l'Assemblée sortante, s'effondrerait à moins de 40 sièges. «Un recul sans précédent», a reconnu son chef Jean-Christophe Cambadélis, éliminé dimanche, tout comme le candidat malheureux du PS à la présidentielle Benoît Hamon.

FN déçu

Revers également pour le parti d'extrême droite Front national (FN), dont la patronne Marine Le Pen s'était hissée il y a un mois au second tour de la présidentielle: les projections donnent seulement un à 10 sièges au FN au sein de la nouvelle Assemblée, contre deux précédemment.

Pour ce parti anti-immigration et europhobe, c'est «une déception», a reconnu son vice-président Florian Philippot.

Marine Le Pen, qui pourrait pour la première fois faire son entrée au Parlement français après être arrivée en tête dans sa circonscription du nord de la France, a appelé les «électeurs patriotes» à une «forte mobilisation».

A l'autre extrême, la gauche radicale de Jean-Luc Mélenchon obtiendrait 10 à 23 sièges. Ces élections n'ont pas réussi à mobiliser massivement les Français. Pour la première fois depuis près de 60 ans, l'abstention à un premier tour de législatives dépasse la barre des 50%, ce qui reflète, selon des experts, une forme de fatalisme face à la «vague» Macron.

Fatalité

Les résultats semblent en tout cas confirmer un désir de renouvellement politique des Français, qui ont éliminé à la présidentielle les ténors des partis traditionnels au profit d'un homme de 39 ans encore inconnu du public il y a quelques années, et dont le gouvernement mêle personnalités de droite, de gauche et de la société civile.

Parmi les candidats investis par La République en Marche, un grand nombre sont des citoyens jamais élus et originaires d'horizons variés: torera, mathématicien, pilote de chasse, etc.

Leur manque de notoriété ou d'expérience semble être compensé par la popularité du nouveau président français. Premiers pas sur la scène internationale jugés réussis, confiance des investisseurs... Certains évoquent une véritable «Macronmania». La presse française de lundi relève le large succès d'Emmanuel Macron mais souligne que l'abstention record relativise sa signification politique.

«Macron plie le match»

«Macron en marche vers une majorité écrasante» (Le Figaro), «Macron plie le match» (L'Opinion), «Un coup de maître» (Le Parisien)... Les titres des quotidiens nationaux ne laissent aucun doute sur l'ampleur du résultat final.

Pour autant, «ni ses 24% du premier tour de l'élection présidentielle, ni les 50% d'abstention de ce dimanche ne doivent donner l'illusion d'une France convertie à la Macron-mania », relève Nicolas Beytout dans L'Opinion.

Fort d'une large majorité à l'Assemblée, Emmanuel Macron aura les mains libres pour appliquer son programme de réformes sociales-libérales: moralisation de la vie politique, assouplissement du droit du travail, réduction des déficits publics pour se conformer aux règles européennes.

France voisine, macronnienne

La France voisine n'a pas été épargnée par la vague macronienne: dans les six département frontaliers, tous les candidats de la République en Marche (REM) ou leurs alliés du Modem se retrouveront au second tour dimanche prochain.

Les candidats REM ou Modem arrivaient en tête de 21 des 27 circonscriptions de la région. Dans la plupart des cas, les macronistes seront opposés au second tour à un candidat du parti Les Républicains (LR) ou leurs alliés de l'UDI (centristes).

Dans trois cas, des «Marcheurs» affronteront des candidats du Front national (FN). A deux occasions, les candidats REM seront opposés à des rivaux estampillés «divers droite».

Dans le Doubs se déroulera un duel REM/socialiste. A noter un second tour entre un écologiste et un candidat LR dans une autre circonscription de ce département, où aucun candidat macroniste ne se présentait.

Une majorité qui pourrait être record

Depuis 1981, tous les présidents français ont obtenu une majorité lors des élections législatives suivant leur élection. Toutefois le parti macroniste est en passe d'obtenir une des plus larges majorités de la Ve République, sans effacer le record de l'UDF-RPR en 1993 (484 sièges). En revanche, il peut espérer battre le record de sièges pour un seul parti, détenu par l'UMP en 2002 (365 sièges)

Merkel félicite Macron du le «grand succès» de son parti

La chancelière allemande Angela Merkel a félicité dimanche soir le président français Emmanuel Macron pour le «grand succès» de son parti au premier tour des élections législatives. «Chancelière #Merkel: Mes félicitations sincères à @EmmanuelMacron pour le grand succès de son parti au 1er tour. Un vote pour des réformes», a tweeté le porte-parole de Mme Merkel, Steffen Seibert.

(ats)

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