Neuchâtel: Déficit acceptable de 17,9 millions au budget 2019

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NeuchâtelDéficit acceptable de 17,9 millions au budget 2019

Le budget prévisionnel de Neuchâtel respecte les limites du frein à l'endettement et met le canton à l'abri du psychodrame qu'il a connu en 2017.

Le canton de Neuchâtel ne devrait pas vivre le même psychodrame autour du budget que l'année précédente. Pour 2019, le déficit prévu de 17,9 millions de francs respecte les limites du frein à l'endettement. Tout comme les investissements nets qui se montent à 89,4 millions.

«Il y a un volontarisme du Conseil d'Etat et même au-delà de retrouver une dynamique positive et d'atteindre l'équilibre financier en 2020», a déclaré jeudi Laurent Kurth, président du Conseil d'Etat. «On a certes été porté par la bonne conjoncture mais on a fait énormément d'efforts pour y arriver», a ajouté Jean-Nathanaël Karakash, chef du Département de l'économie.

Laurent Kurth a rappelé que le canton a dû faire face en deux ans à une baisse des recettes fiscales de 100 millions de francs, ce qui avait grevé le compte de résultat en 2016 et 2017. Cette situation difficile avait conduit le Grand Conseil à refuser en décembre 2017 le budget pour l'année suivante, qui prévoyait un déficit de 50 millions de francs.

Le canton avait dû vivre les premiers mois de l'année sans budget. Un consensus sur un déficit de 37,2 millions de francs avait finalement été trouvé en février.

Recettes fiscales en hausse

Le Conseil d'Etat note que «la rigueur ne devra toutefois pas être relâchée, des améliorations de l'ordre de 20 à 25 millions de francs étant encore nécessaires pour atteindre l'objectif d'équilibre fixé».

Au niveau des recettes fiscales, le canton s'attend à des hausses et escompte 202,5 millions de francs pour les personnes morales en 2019, « à condition que l'on ne perde pas de gros contribuables et que la conjoncture ne diminue pas», a déclaré Patrick Aubry, chef du service financier. Pour les personnes physiques, les recettes sont estimées à 725,5 millions.

Une augmentation de 22 millions de francs des revenus à percevoir en 2019 au titre de la péréquation financière fédérale contribue aussi de manière positive au résultat annoncé pour l'exercice. Toutefois, le chef des finances a rappelé que les objectifs financiers ont «été tenus», sans sollicitation des communes dont l'Etat attendait plus de 20 millions et sans l'augmentation de la part cantonale à l'impôt fédéral direct.

Dans le détail, le résultat d'exploitation présente un excédent de charges de 81,7 millions de francs, soit une amélioration de 17 millions par rapport au budget 2018.

Grâce à un bénéfice attendu du résultat financier (+42,4 millions) et à un bénéfice des revenus extraordinaires (+21,4 millions), le compte de résultat devrait boucler sur un déficit de 17,9 millions.

Investissements à la hausse

Sur le plan des ressources humaines, le budget 2019 est marqué par une augmentation des effectifs, pour l?essentiel justifiée par le projet de fusion du service informatique de l?entité neuchâteloise et du centre électronique de gestion (CEG) de la ville de Neuchâtel. Les charges du personnel ont été budgétées à 444,1 millions de francs, en hausse de 2,6% par rapport à 2018.

Au niveau des investissements, le budget 2019 prévoit une somme de 89,4 millions de francs, soit 12,8 millions supplémentaires par rapport à 2018. Cette hausse, qui respecte la mécanique du frein à l'endettement, va «permettre de moderniser à un rythme normal nos infrastructures», a expliqué Laurent Kurth.

A noter que 8 millions de francs seront investis pour reprendre les actifs du CEG. Les routes représentent également une bonne partie des investissements, dont 10,9 millions des crédits d'engagement en cours et 4,3 millions de crédits sollicités ou à solliciter.

Incertitudes

Pour 2018, le chef des finances estime que les charges sont très bien maîtrisées. Il reste «toujours des incertitudes sur les recettes» jusqu'à la fin de l'année, a-t-il ajouté.

Interrogé sur la réaction du canton en cas de possible dégradation de la situation économique, Laurent Kurth estime que les réformes structurelles qui sont en train d'être prises permettront davantage de neutraliser les aléas conjoncturels. Pour 2019, «le budget ne prévoit aucun prélèvement à la réserve conjoncturelle, ce qui reste toujours un moyen si la conjoncture se détériore», a-t-il conclu.

(ats)

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