Livraison alimentaire - Deliveroo fait ses premiers pas très attendus à la Bourse de Londres
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Livraison alimentaireDeliveroo fait ses premiers pas très attendus à la Bourse de Londres

La plateforme de livraison alimentaire Deliveroo fait ses premiers pas en Bourse mercredi à Londres, avec une valorisation dans le bas de ses attentes à 7,6 milliards de livres et des interrogations sur le statut de ses livreurs.

Image d’illustration.

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AFP

Deliveroo, connu pour son application permettant de commander des plats auprès de restaurants, entrera officiellement sur le marché britannique à 07 h 00 GMT (9 h en Suisse). Il s’agit de l’opération la plus importante sur la place londonienne depuis 2011. Les échanges seront initialement réservés aux investisseurs professionnels avant d’être ouverts au grand public à partir du 7 avril.

La société britannique a été toutefois contrainte de revoir ses ambitions à la baisse, compte tenu selon elle de la récente volatilité des conditions de marché. En outre, les valeurs technologiques ont connu une séance difficile aux États-Unis et en Europe lundi, ce qui a pu compliquer la donne.

Une action à 3.90 livres

Les investisseurs ont massivement souscrit à l’opération, mais n’étaient pas prêts à payer trop cher. Deliveroo a fixé à 3.90 livres par action son prix d’introduction en Bourse, selon une source proche. Elle avait espéré dans un premier temps un prix pouvant aller jusqu’à 4,60 livres soit une valorisation qui aurait pu atteindre 8,8 milliards de livres. Elle avait ensuite réduit la fourchette entre 3,90 et 4,10 livres.

Deliveroo, dont le géant Amazon détient 16% du capital, en profite pour lever 1 milliard de livres d’argent frais afin de financer sa croissance et ce même si la société n’est pas encore rentable. L’introduction en Bourse devrait permettre à son fondateur et directeur général, l’Américain Will Shu, de faire fructifier ses parts. Il a en outre opté pour un système à deux types d’actions pour une période de trois ans afin de garder le contrôle tout en cédant une partie du capital.

L’opération a par ailleurs relancé le débat sur la précarité des livreurs, qui sont des travailleurs indépendants symboles de la «gig economy», ou l’économie des petits boulots, sur laquelle s’appuient les plateformes numériques pour prospérer. Le syndicat des travailleurs indépendants britanniques, l’IWGB, prévoit notamment un mouvement de grève le 7 avril afin de demander de meilleures conditions de travail.

La viabilité de son modèle économique préoccupe également des investisseurs très influents de la City. Plusieurs géants de la gestion d’actifs, comme Aberdeen Standard et Aviva Investors, qui pèsent chacun des centaines de milliards de livres, ne souhaitent ainsi pas investir dans la société, évoquant le mauvais exemple donné par ses pratiques sociales.

(AFP)

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