Actualisé 16.10.2018 à 08:27

Délocalisation d'un équipementier solaire en Asie

Berne

Meyer Burger, l'équipementier de l'industrie solaire met les voiles direction l'Asie. En se délocalisant, l'entreprise bernoise prévoit de transférer une grande partie de ses effectifs.

L'équipementier solaire bernois se délocalise en Asie et la Chine en particulier.

L'équipementier solaire bernois se délocalise en Asie et la Chine en particulier.

Peter Schneider, Keystone

L'équipementier de l'industrie solaire, Meyer Burger, se lance dans un vaste mouvement de délocalisation vers l'Asie et la Chine en particulier, où il prévoit de transférer une part importante de ses effectifs dans la vente et les services photovoltaïques.

Le groupe bernois devise l'impact pour ses collaborateurs à une centaine d'équivalents plein-temps (ETP), soit quelque 9% des effectifs qui resteront après l'abandon des activités de production à Thoune.

Ces mesures doivent déboucher sur un gain d'exploitation (Ebitda) additionnel de quelque 25 millions de francs annuellement à compter de 2021, moyennant des dépenses non-récurrentes de 11 millions de francs, dont 4 millions sur l'année en cours. La direction ambitionne de mener à bien les trois quarts du programme de transformation d'ici la fin de 2019.

Souci d'économies

Le groupe estime qu'une fois ainsi repositionné, la barre des 250 millions de chiffre d'affaires constituera son nouveau seuil de rentabilité. Dans un souci d'économies toujours, Meyer Burger prévoit de sabrer d'un cinquième son budget recherche et développement (R&D) à environ 40 millions de francs par année.

L'entreprise évalue par ailleurs de nouvelles externalisations et collaborations pour ses produits photovoltaïques, expliquant vouloir réduire la distance avec ses clients. Les usines de Hohenstein-Ernstthal en Allemagne et de Wuxi-Shanghai en Chine constitueront les principaux sites d'activité. La structure du siège en Suisse sera adaptée en conséquence.

Siège de Thoune maintenu mais amputé

Reconnaissant que l'essentiel des coupes dans le personnel sera réalisé sur le site de Thoune, le directeur général Hans Brändle a assuré qu'une délocalisation du siège de l'entreprise ne figurait pour l'heure pas à l'ordre du jour. Sur la centaine de postes que prévoit de biffer l'entreprise, une nonantaine se trouve dans l'Oberland bernois.

La réduction d'effectifs passera pour moitié par des suppressions pures et simples et pour l'autre par des transferts vers l'Asie et l'Europe, a indiqué le patron par AWP. Le Vieux Continent ne sera pas épargné non plus, Meyer Burger prévoyant d'y supprimer ou déplacer quelque 80 places de travail.

Ne resteront plus à Thoune que 50 à 60 collaborateurs, pour l'essentiel dans la R&D ou encore dans l'administration. Les quarante employés de Hauterive, sur les berges du lac de Neuchâtel, complètent les effectifs helvétiques restants du groupe.

L'entreprise évalue par ailleurs de nouvelles externalisations et collaborations pour ses produits photovoltaïques, expliquant vouloir réduire la distance avec ses clients. Dans l'immédiat, les usines de Hohenstein-Ernstthal en Allemagne et de Wuxi-Shanghai en Chine constitueront les principaux sites d'activité.

Les pourparlers avec les représentants du personnel pourront débuter dans une semaine, pour s'achever fin novembre. Le directeur général a néanmoins promis qu'aucun nouveau licenciement ne sera prononcé cette année.

Meyer Burger a décidé en fin d'année dernière de déménager la production de son site historique de Thoune vers la Chine, biffant dans la foulée 160 postes de travail. La cité bernoise devait alors conserver les activités de ventes au niveau international, de promotion, de services, ainsi que de recherche et développement.

Vagues successives de restructurations

L'entreprise a déjà mis à l'arrêt le site de sa filiale américaine Diamond Materials Tech (DMT) à Colorado Springs au printemps 2017, avant de trouver un repreneur pour ces infrastructures en novembre de la même année. La division Energy Systems, rebaptisée pour l'occasion 3S Solar Plus, a été cédée en mai dernier à Patrick Hofer-Noser, fondateur de 3S Industries, qui avait été intégré en 2010 à Meyer Burger.

Les vagues de restructurations s'enchaînent depuis des années déjà. Fin 2012, l'entreprise employait encore plus de 2200 collaborateurs au niveau mondial. Le nouveau volet de mesures constitue un pas supplémentaire et important sur la voie de la rentabilité pour une entreprise évoluant dans un environnement extrêmement concurrentiel, relève Vontobel dans un commentaire. Pour autant, l'allègement induit de la base de coûts ne saurait présager de l'avenir de la demande ni de l'évolution des tarifs.

Le train de délocalisation doit permettre à Meyer Burger d'atteindre un seuil de rentabilité à partir d'un chiffre d'affaires de 250 millions de francs, contre 300 millions précédemment estimés, note de son côté la Banque cantonale de Zurich (ZKB). L'accent exercé sur l'important marché chinois fait sens aux yeux de l'établissement cantonal. Le nouveau volet de remaniements n'aura fourni qu'un bref répit à l'action Meyer Berger, qui depuis l'été peine à s'extirper de la catégorie des «penny stocks». Auprès un bref passage dans le vert en début de journée, la nominative était tombée sous l'équilibre vers 10h00, cédant 0,5% à 59 centimes. Le SPI s'étoffait simultanément de 0,18%.

(ats)

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