Syrie: Déluge de feu sur la dernière poche de l'EI
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SyrieDéluge de feu sur la dernière poche de l'EI

Le dernier bastion contrôlé par le groupe Etat islamique en Syrie était visé de toutes parts dimanche par les forces arabo-kurdes soutenues par la coalition internationale.

les combattants de l'EI sont retranchés dans une poche du village de Baghouz, dans la province de Deir Ezzor.

Des forces arabo-kurdes soutenues par la coalition internationale ont déversé dimanche un déluge de feu sur la dernière poche du groupe Etat islamique (EI) en Syrie. L'issue de cette bataille pourrait sonner la fin du califat autoproclamé il y a près de cinq ans.

Après l'évacuation de milliers de civils ces derniers jours, les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont repris vendredi l'offensive contre les combattants de l'EI. Ceux-ci sont retranchés dans une poche du village de Baghouz, dans la province de Deir Ezzor, aux confins orientaux de la Syrie.

Après avoir reconquis l'immense majorité du village, les combattants kurdes et arabes ont acculé les djihadistes dans ce réduit, où la coalition internationale emmenée par Washington a repris ses raids aériens, selon des équipes de l'AFP sur place. A environ 400 mètres de la ligne de front, on pouvait entendre sans interruption les tirs d'artillerie et le crépitement des armes.

Selon un commandant des FDS, la majeure partie du campement a été débarrassée de l'EI. «On ne sait pas combien de membres de l'EI sont toujours dedans. Ils sont totalement assiégés. Ils ont enfoui beaucoup de mines dans les maisons et sur les routes», affirme ce commandant.

«Kamikazes, voitures piégées»

Après une montée en puissance fulgurante en 2014, l'EI avait proclamé en juin de la même année un «califat» sur les vastes régions et les grandes villes conquises en Syrie et en Irak voisin. Mais face à plusieurs offensives ces deux dernières années, les djihadistes ont vu leur territoire se réduire comme peau de chagrin.

«Les éléments de l'EI qui sont encerclés refusent de se rendre, la majorité d'entre eux sont des étrangers, notamment des Français», confie un commandant des FDS, Rustom Hassaké. «Ils luttent férocement et ont recours à des voitures piégées et des kamikazes», ajoute-t-il.

Au total depuis début décembre, quelque 53'000 personnes, principalement des familles de djihadistes , ont fui le réduit, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Parmi eux, plus de 5000 djihadistes ont été arrêtés. La grande majorité des évacués sont transférés vers le camp de déplacés d'Al-Hol, plus au nord.

Une perte de la poche de Baghouz signifierait la fin territoriale du «califat» de l'EI après sa défaite en Irak en 2017. Mais ce groupe a déjà entamé sa mue en organisation clandestine. Ses combattants sont disséminés dans le désert syrien et parviennent toujours à mener des attentats meurtriers.

Résurgence possible

L'armée américaine a averti que, sans un engagement soutenu contre l'EI, il ne faudrait à l'organisation que six à 12 mois pour entamer une «résurgence».

La bataille contre l'EI représente aujourd'hui le principal front de la guerre en Syrie. Le conflit a fait plus de 360'000 morts depuis 2011, après que le régime, soutenu principalement par la Russie, a repris le contrôle de près des deux tiers du pays. Sur un autre front, 23 combattants prorégime ont été tués par des djihadistes liés à Al-Qaïda près de la province d'Idleb, selon un nouveau bilan de l'OSDH.

(ats)

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