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SyrieDéluge de feu sur le quartier rebelle à Alep

L'armée syrienne a lancé samedi sa contre-offensive pour reprendre les secteurs rebelles à Alep, deuxième ville de Syrie et enjeu crucial du conflit, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

A Alep, des Syriens quittent leur maison pour se réfugier en zone plus sûre.Washington évoque la possibilité d'un «massacre» dans la deuxième ville du pays.

A Alep, des Syriens quittent leur maison pour se réfugier en zone plus sûre.Washington évoque la possibilité d'un «massacre» dans la deuxième ville du pays.

AFP

Un déluge de feu s’est abattu samedi sur Alep, bombardée et mitraillée par des hélicoptères des forces du régime de Bachar al-Assad qui tentent de déloger les rebelles. Cette ville, la deuxième de Syrie, est devenue un enjeu crucial du conflit.

Les rebelles sont parvenus à contrer les premières offensives de l’armée contre le quartier de Salaheddine, les insurgés affirmant que les forces du régime n’ont pas progressé et ont perdu des chars.

Des bombardements violents ont commencé à l’aube sur ce quartier du sud-ouest d’Alep, encerclé, et se poursuivaient avec la même intensité à la mi-journée. Quatre hélicoptères lançaient des roquettes et mitraillaient le quartier où l’artillerie et les chars étaient en action.

Nombreux chars déployés

Salaheddine «compte le plus grand nombre de rebelles», a indiqué Rami Abdel Rahmane, président de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Selon lui, l’armée régulière, qui envoyé des renforts ces derniers jours autour d’Alep, «n’a fait aucun progrès depuis le matin et a même perdu cinq chars».

Au moins 29 personnes - dix soldats, huit rebelles et onze civils - auraient été tuées depuis le début de l’assaut, d’après l’OSDH, qui a recensé plus de 20’000 morts, dont 14’000 civils, depuis le début de la révolte contre le régime Assad en mars 2011.

Une centaine de chars ont été déployés aux abords de Salaheddine, selon des militants et insurgés, qui ont fait état de combats dans plusieurs autres zones d’Alep bombardés et survolés par des hélicoptères.

Bataille cruciale pour les deux parties

L’agence officielle Sana a de son côté fait état d’accrochages dans le quartier al-Fourkane, à l’est de la ville, avec «un groupe terroriste qui terrorisait les habitants», tuant deux terroristes et arrêtant trois autres.

«Un très grand nombre de civils se sont rassemblés dans les jardins publics dans des secteurs plus sûrs, mais la majorité se réfugient dans des écoles. Ils ne peuvent pas sortir de la ville», a indiqué Amer, porte-parole d’un réseau de militants à Alep. Les habitants ont de grandes difficultés à se ravitailler en pain, ont selon des journalistes sur place.

L’assaut a été donné plus d’une semaine après l’ouverture de ce nouveau front le 20 juillet, l’armée ayant pu reprendre le contrôle de Damas où elle a livré combat pendant plusieurs jours aux rebelles.

Cette bataille est cruciale pour les deux parties. «Pour le régime, c’est une ville dans laquelle il a beaucoup d’alliés, notamment parmi les hommes d’affaires sur lesquels il compte pour financer une partie de son effort de guerre», a souligné Ignace Leverrier, ex-diplomate français en poste en Syrie.

Appel de François Hollande

Plusieurs pays occidentaux et l’ONU avaient exprimé leur préoccupation face à la perspective de cet assaut. Cependant la Russie, allié du régime syrien, a estimé qu’il n’était pas «réaliste» d’escompter que le pouvoir reste les bras croisés alors que des rebelles «occupent» Alep, capitale économique du pays qui compte 2,5 millions d’habitants.

Le président français François Hollande a appelé samedi le Conseil de sécurité de l’ONU à intervenir «le plus rapidement possible». Il s’est adressé tout particulièrement à la Russie et à la Chine «pour qu’elles prennent en considération que ça sera le chaos et la guerre civile si le président syrien Bachar al-Assad n’est pas à un moment empêché».

Au Liban voisin, des accrochages ont opposé pendant la nuit des habitants de quartiers alaouites partisans du régime syrien et sunnites hostiles à Bachar al-Assad à Tripoli, la grande ville du nord, faisant neuf blessés. L’armée libanaise a rétabli le calme. Enfin, l’Arabie saoudite a collecté plus de 72,3 millions de dollars en cinq jours lors d’une campagne en faveur du peuple syrien.

(AFP)

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