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SyrieDemande d'une enquête internationale sur Houla

Le Conseil des droits de l’homme doit débattre vendredi du lancement d'une enquête internationale sur le massacre de Houla, qui a fait 108 morts.

Le massacre de Houla a fait au moins 108 personnes, dont 49 enfants et 34 femmes, vendredi et samedi derniers.

Le massacre de Houla a fait au moins 108 personnes, dont 49 enfants et 34 femmes, vendredi et samedi derniers.

Keystone

Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU s’apprête à débattre vendredi d’une demande, formulée par le Qatar, les Etats-Unis et la Turquie, que la commission d’enquête internationale sur la Syrie, qui agit sous mandat du Conseil depuis août 2011, mène une "enquête spéciale" sur le massacre de Houla.

Les 47 membres du Conseil des droits de l’homme ont été saisis de ce projet de résolution dans le cadre d’une session spéciale sur la Syrie, qui a été demandée mercredi par plusieurs pays dont le Qatar, les Etats-Unis, l’Union européenne et l’Arabie Saoudite. La Russie et la Chine n’ont pas soutenu cette demande de session.

"Condamnant dans les termes les plus sévères les assassinats scandaleux de 49 enfants, tous ayant moins de 10 ans", le projet de résolution demande à la commission d’enquête "de conduire une enquête spéciale exhaustive, indépendante et sans entrave en accord avec les standards internationaux sur les évènements de Houla".

Le massacre d’au moins 108 personnes, dont 49 enfants et 34 femmes, vendredi et samedi derniers à Houla a provoqué un véritable tollé au sein de la communauté internationale.

Le texte demande aussi à la commission d’enquête "d’identifier publiquement les responsables de ces atrocités et de leur demander des comptes". Il exhorte aussi les experts de la commission d’établir un rapport sur les conclusions de l’enquête et de le transmettre au Conseil des droits de l’homme lors de sa 20ème session (18 juin au 6 juillet).

Il demande aussi à Damas d’autoriser l’accès aux humanitaires et de "coopérer pleinement avec la commission d’enquête" et de lui accorder un accès sans entrave au pays.

Mandatée en août 2011 par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, la commission a déjà publié trois rapports mais n’a toujours pas reçu le feu vert des autorités syriennes pour se rendre sur place.

Selon le dernier rapport de la commission, l’armée syrienne et les services de sécurité commettent "la plupart des violations graves des droits de l’homme". Les experts accusent aussi Damas de poursuivre la pratique de la torture, y compris sur des enfants de 10 ans.

Le projet de résolution que le Conseil des droits de l’homme doit étudier souligne pour sa part l’échec des autorités syriennes à "protéger et promouvoir les droits de tous les Syriens".

En Syrie, les violences continuent à faire des dizaines de victimes tous les jours en dépit de l’entrée en vigueur théorique le 12 avril du cessez-le-feu en vertu du plan de paix de l’émissaire de l’ONU et la Ligue arabe sur la Syrie, Kofi Annan.

Le projet de résolution demande d’ailleurs à M. Annan d’informer le Conseil des droits de l’homme sur la situation lors de la prochaine session de la 21ème session du Conseil (10-28 septembre).

Des milliers de déplacés à la suite du massacre de Houla

Des milliers de personnes ont fui la région de Houla après le massacre de la semaine dernière, a affirmé vendredi le CICR. L’organisation et le Croissant-Rouge syrien leur ont fourni des vivres, de l’eau, des matelas et des médicaments.

«Les gens ont abandonné tous leurs biens en s’enfuyant pour sauver leur vie», a déclaré la cheffe de la délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en Syrie Marianne Gasser, citée dans un communiqué publioé à Genève. La majorité des déplacés sont des femmes et des enfants.

Le CICR et le Croissant-Rouge syrien ont fourni cette semaine de l’aide à au moins 5000 personnes dans les villages avoisinants Houla. L’institution rappelle que les belligérants ont l’obligation en toutes circonstances de distinguer entre civils et combattants et d’épargner les civils.

Le CICR se déclare en outre «extrêmement préoccupé» par la situation humanitaire dans d’autres parties de la Syrie. Le mois dernier, l’organisation a fourni de l’aide alimentaire à 74’500 personnes dans diverses provinces de la Syrie.

Les délégués ont aussi conclu leurs visites aux détenus de la prison centrale d’Alep. Entamées début mai, ces visites ont pris fin la semaine dernière. C’est la deuxième fois que le CICR a accès à des détenus en Syrie après un premier round en septembre à la prison centrale de Damas qui s’est achevé sur un constat de désaccord avec les autorités syriennes sur les modalités des entretiens.

(AFP)

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