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Idées reçuesDémystifier les ados connectés

Le programme national «Jeunes et médias» s’alarme des différents fantasmes qui entourent l’utilisation des outils numériques par les adolescents. Décryptage.

par
Fabien Feissli
Malgré les apparences, les outils numériques ne rendent pas les jeunes associables, dévoyés et analphabètes.

Malgré les apparences, les outils numériques ne rendent pas les jeunes associables, dévoyés et analphabètes.

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Sexting, cyberharcèlement, addiction, les problèmes liés aux outils numériques sont régulièrement dénoncés par les médias. «Forcément ils s’intéressent surtout à ce qui ne fonctionne pas et dramatisent un peu le comportement des jeunes», souligne Colette Marti, responsable de projet dans le programme national «Jeunes et médias» qui vise à démystifier certaines croyances. Pour elle, il est important d’informer les parents en se basant sur des faits scientifiques et pas seulement sur des cas uniques qui ne représentent pas tous les jeunes.

ILS NE SAVENT PAS TOUT

A les voir naviguer sur leur écran tactile, on aurait tendance à l’oublier: tous les jeunes ne sont pas des génies de l’informatique. «Il est important de distinguer compétences techniques et compétences éthiques», détaille Colette Marti. Selon elle, l’expérience et la conscience des risques sont également des qualités indispensables à l’utilisation des outils numériques. D’ailleurs, l’étude JAMES menée par Swisscom et l’Université de Zurich en 2014 a montré que seuls 36% des jeunes entre 12 et 19 ans estiment avoir une meilleure connaissance des outils numériques que leurs parents. «D’où l’importance de s’intéresser à ce qu’ils font et de les accompagner», conseille Colette Marti.

DES AMITIÉS AMÉLIORÉES

Le clavier et l’écran n’ont pas coupé les jeunes de leurs amis. Ce serait même plutôt le contraire selon une méta-analyse menée en 2014 par l’Université allemande de Coblence-Landau. «Il n’y a pas de diminution des amitiés hors-ligne. Elles sont même soignées en ligne parce qu’ils peuvent communiquer à tout moment», précise Colette Marti. Un constat corroboré par l’étude JAMES 2014 qui souligne que rencontrer des amis est l’activité préférée de 8 jeunes sur 10.

UNE MINORITÉ FAIT DU SEXTING

«Quand on entend parler du sexting, on a l’impression que cela concerne tous les jeunes. En réalité c’est juste une minorité», assure Colette Marti. Elle s’appuie sur l’étude JAMES pour casser le mythe selon lequel tous les jeunes produisent du contenu en ligne. «Seuls 13% d’entre eux postent régulièrement des photos sur les réseaux sociaux, par exemple.»

LE FRANÇAIS NE RISQUE RIEN

Des abréviations, une ponctuation défaillante, des accords en voie de disparition et des smileys omniprésents dans les conversations Whats App ont souvent de quoi faire hurler un prof de français. Pour autant, cela ne conduit pas à un appauvrissement de la langue, selon Colette Marti. «Les jeunes savent très bien s’adapter aux différents contextes et à leurs exigences.» Une affirmation basée sur une autre étude de l’Université de Zurich. D’après elle, la qualité des travaux scolaires n’a pas baissé depuis la démocratisation des outils numériques.

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