Gaza: Dernier hommage à la secouriste tuée vendredi
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GazaDernier hommage à la secouriste tuée vendredi

Des milliers de personnes ont assisté samedi aux funérailles de Razan al-Najjar, 21 ans, une secouriste palestinienne tuée par des soldats israéliens.

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Tsahal a annoncé mercredi avoir mené des raids sur le Hamas en réponse à deux tirs de roquettes de Gaza. (27 novembre 2019)

Tsahal a annoncé mercredi avoir mené des raids sur le Hamas en réponse à deux tirs de roquettes de Gaza. (27 novembre 2019)

AFP
Au centre, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu qui a été mis en examen pour «corruption». (Jeudi 21 novembre 2019)

Au centre, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu qui a été mis en examen pour «corruption». (Jeudi 21 novembre 2019)

Keystone
Israël a revendiqué des frappes de «grande ampleur» sur la Syrie. (Mercredi 20 novembre 2019)

Israël a revendiqué des frappes de «grande ampleur» sur la Syrie. (Mercredi 20 novembre 2019)

Keystone

Des milliers de personnes ont assisté samedi aux funérailles d'une secouriste volontaire palestinienne tuée par balle la veille par des soldats israéliens près de la frontière entre la bande de Gaza et Israël. Des accrochages ayant fait des blessés palestiniens à la frontière avec Israël et des tirs de roquettes en direction du sud d'Israël ont été signalés après ces funérailles.

Razan al-Najjar, 21 ans, a été touchée vendredi à la poitrine à l'est de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza. D'après le porte-parole du ministère gazaoui de la Santé, Achraf al-Qodra, elle travaillait comme bénévole et portait l'uniforme blanc des personnels de santé.

«Les personnels médicaux ne sont pas une cible», a tweeté l'envoyé spécial de l'ONU pour le Moyen-Orient Nickolay Mladenov appelant Israël «à calibrer son usage de la force» et le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, à «éviter les incidents» près de la barrière qui sépare ce territoire de l'Etat hébreu. Du personnel médical et des ambulanciers de Gaza ont participé aux funérailles de la jeune fille.

Elle a été inhumée aux cris «avec notre sang et avec notre âme nous nous sacrifierons pour toi Razan» et avec des appels à la poursuite du mouvement de protestation à la frontière avec Israël. Le décès de la jeune secouriste volontaire porte à 123 le nombre de Palestiniens tués par des soldats israéliens depuis le début de ce mouvement il y a deux mois.

Des milliers de Palestiniens de Gaza, territoire coincé entre Israël, l'Egypte et la Méditerranée, ont manifesté à plusieurs reprises depuis le 30 mars près de la frontière avec Israël pour revendiquer le «droit au retour» des réfugiés palestiniens chassés ou ayant fui leur terre à la création de l'Etat hébreu. Le mouvement dénonce aussi le blocus imposé à Gaza par Israël pour contenir le Hamas. La Société palestinienne de secours médical a affirmé que la jeune fille a été tuée «alors qu'elle tentait d'apporter des soins de premier secours aux manifestants».

«Crime de guerre»

«Tirer sur du personnel médical constitue un crime de guerre selon les Conventions de Genève», a rappelé l'organisation dans un communiqué en appelant la communauté internationale à répondre aux «violations» israéliennes. Un porte-parole a indiqué vendredi que l'armée israélienne était en train d'examiner l'incident, soulignant par ailleurs que ses soldats agissent «conformément aux règles d'engagement».

Les funérailles ont été suivies par des accrochages à la barrière lorsque des jeunes Palestiniens ont lancé des pierres contre les soldats israéliens. En riposte, l'aviation israélienne a frappé plus de douze objectifs du Hamas en réponse à des tirs de roquettes contre le territoire israélien partis de la bande de Gaza que le mouvement islamiste palestinien contrôle, a annoncé l'armée dimanche.

Lors d'une première vague de frappes aériennes, «des avions de combat ont frappé dix sites terroristes dans trois complexes militaires appartenant au mouvement terroriste Hamas dans la bande de Gaza», a déclaré l'armée israélienne dans un communiqué. «Parmi ces objectifs figuraient deux sites de fabrication et de stockage de munitions du Hamas et un complexe militaire», a ajouté l'armée. Ces frappes aériennes constituaient une réplique à des tirs de roquettes contre Israël ainsi qu'à «diverses activités terroristes approuvées et orchestrées par le Hamas au cours du week-end», selon le communiqué militaire israélien.

Aucune revendication

L'armée israélienne a fait état d'une série de tentatives d'attaques à la frontière contre des soldats mais aussi de «dégâts sur des infrastructures liées à la sécurité» et des incendies allumés, sur son territoire, avec des cerfs-volants et des ballons. Quelques heures après la première vague de raids, un avion «a tiré sur cinq objectifs d'un complexe militaire appartenant à la force navale du Hamas dans le nord de la bande de Gaza», a déclaré l'armée dans un autre communiqué.

Samedi soir, deux roquettes avaient été tirées depuis la bande de Gaza vers le sud d'Israël, où les sirènes d'alerte ont retenti pour appeler les habitants à se rendre dans les abris. Le Dôme de Fer, le système israélien de défense antimissiles, a intercepté l'une des roquettes, et l'autre n'aurait pas atteint sa cible et serait tombée à l'intérieur de la bande de Gaza, selon l'armée.

Quatre autres roquettes ont été tirées vers Israël un peu plus tard, dans les premières heures de dimanche, et trois d'entre elles ont été interceptées, a indiqué l'armée. Aucun des groupes armés présents à Gaza n'a revendiqué immédiatement la responsabilité de ces tirs de roquettes. Une source de sécurité palestinienne à Gaza a par ailleurs déclaré qu'un char israélien avait visé un poste d'observation du Hamas dans l'est de la ville, sans faire de victimes. L'armée israélienne a affirmé auparavant qu'une «cellule terroriste» s'était infiltrée depuis le sud de la bande de Gaza, mais que les soldats avaient contraint les Palestiniens à rebrousser chemin.

(ats)

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