Jura – Dernier indice du braquage: deux Audi calcinées

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JuraDernier indice du braquage: deux Audi calcinées

Les six brigands qui ont pris un industriel et sa famille en otage pour voler l’or stocké dans son usine de Bassecourt courent toujours.

par
Vincent Donzé
Deux Audi, une A3 et A3 break, ont été brûlées, ici côté verso…

Deux Audi, une A3 et A3 break, ont été brûlées, ici côté verso…

«L’Est Républicain»/Michaël Desprez

Mercredi soir, six malfaiteurs ont pris en otage un industriel et sa famille pour voler de l’or dans son entreprise horlogère de Bassecourt. Aux dernières nouvelles, ils courent toujours. En fuyant vers la France, ces bandits ont blessé un douanier sur un barrage avant d’abandonner et d’incendier leurs deux Audi, une A3 et A3 break. Ces deux véhicules ont été retrouvés dans le Territoire de Belfort, à Meroux-Moval.

Selon «L’Est Républicain», les deux voitures ont été retrouvées incendiées sur un petit chemin forestier en terre, à la sortie de la commune en direction de Charmois, à droite d’une route départementale. Les carcasses se trouvaient légèrement à l’écart de la RD 23, juste après la ligne TGV. Selon nos informations, des armes ont été retrouvées, dont un pistolet-mitrailleur MP-5.

Meroux-Moval 04-11-2021.
…et ici côté verso, retrouvées incendiées à Meroux-Moval (F)-

Meroux-Moval 04-11-2021.
…et ici côté verso, retrouvées incendiées à Meroux-Moval (F)-

«L’Est Républicain»/Michaël Desprez

«L’alerte a été donnée vers 23 h 30 par les habitants d’une caravane, située sur un terrain à la fin du village, qui ont aperçu une lueur suspecte entre les arbres», précise «L’Est Républicain». L’explication est venue le lendemain, lorsque la police jurassienne a expliqué la provenance des deux véhicules utilisés pour le brigandage de Bassecourt

Attaqué alors qu’il rentrait chez lui, l’industriel visé a été maîtrisé par les six malfaiteurs qui l’attendaient postés devant son domicile. Sous la menace d’une arme à feu, le directeur et sa famille ont été forcés de retourner au siège de l’entreprise active dans la production de boîtes de montres haut de gamme. Plusieurs dizaines de kilos d’or ont été dérobés, parmi d’autres métaux précieux. Un kilo d’or vaut aujourd’hui quelque 52 700 francs suisses.

Le chemin de fuite mène de Bassecourt (JU) à Meroux (F).

Le chemin de fuite mène de Bassecourt (JU) à Meroux (F).

Google Maps

Les malfrats ont pris la fuite avec leurs deux Audi et la voiture de l’horloger. La police cantonale et les douanes suisses ont monté un important dispositif pour tenter d’intercepter les voleurs, mais les deux Audi ont forcé un barrage à Lucelle, en percutant et en blessant un douanier à une jambe.

Choqués mais indemnes, le directeur et sa famille ont été abandonnés avec leur véhicule dans une forêt proche de Bourrignon.

L’entrée de l’usine est sécurisée dans une zone industrielle.

L’entrée de l’usine est sécurisée dans une zone industrielle.

DR

Le mode opératoire est connu: le 6 octobre 2011, des malfrats avaient braqué onze employés de la fonderie Cendror Récupération, à La Chaux-de-Fonds (NE), pour s’enfuir avec un butin de 5,4 millions de francs, dont environ 200 kilos d’or. Rebelote le 12 janvier 2018 avec l’épouse et le fils du directeur pris en otage pour le forcer à ouvrir les coffres.

Interrogé par le média «ArcInfo», le porte-parole de la police neuchâteloise Georges-André Lozouet ne prend pas de raccourci: «Ce n’est pas parce que le mode opératoire est similaire que ce sont les mêmes auteurs. Ça fait très longtemps que nous connaissons des cas similaires. C’est un mode opératoire parmi d’autres».

Repartis bredouilles

Le 24 janvier 2012 à Courtemaîche (JU), c’est l’entreprise Michel Theurillat qui était visée par six bandits masqués et gantés. L’amie de l’industriel a été séquestrée pendant deux heures pour le forcer à ouvrir son coffre-fort. Le directeur a été roué de coups par des malfaiteurs repartis bredouilles après le déclenchement de l’alarme. Dans leur fuite, ils ont brûlé leur Audi pour effacer tout indice.

Même année, le lundi 26 novembre, au Noirmont: dans l’entreprise de boîtes de montres Joseph Erard, trois malfaiteurs ont profité de l’arrivée d’un ouvrier muni d’une carte magnétique pour entrer avec lui dans l’usine et séquestrer quatre employés. Les malfaiteurs ont emmené un frontalier ensanglanté dans leur camionnette jusqu’à Charmauvillers, après le passage de la frontière à La Goule. Leur camionnette de type Citroën Berlingot a été retrouvée incendiée à Maîche (F).

Alarme incendie

Un an plus tôt, les brigands avaient choisi un mardi pour attaquer cette entreprise et prendre en otage sept employés, libérés par les pompiers après avoir déclenché l’alarme incendie.

La liste des brigandages comprend aussi celui du 10 novembre 2011 à Bassecourt, lorsque l’épouse d’un industriel a été menacée par plusieurs individus encagoulés qui ont emporté des bijoux. Son mari est parvenu à s’enfuir et à donner l’alerte. En 2004, la mafia corse s’était attaquée à Metalor à Neuchâtel, pour un butin de 666 kilos d’or.

Industrie à risque

Avec ses métaux précieux, or ou titane, l’horlogerie est une cible privilégiée des malfrats. Le problème de cette industrie est d’être située le long de la frontière.

Le mot d’ordre, c’est de tout ranger dans des coffres, même à la pause de midi. Les assurances imposent des alarmes, des caméras ou des vigiles, mais ces barrages ne font qu’amplifier la violence des brigands qui les contournent par des prises d’otage.

La prise d’otage est une méthode utilisée lorsqu’un coffre est inviolable. Après chaque braquage, les primes d’assurances augmentent dans les zones à risque.

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