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CommerceDernière ligne droite vers le libre-échange avec la Malaisie

Johann Schneider-Ammann a achevé lundi sa mission économique en Asie du Sud-Est et quitté Kuala Lumpur avec un succès en poche. Le conseiller fédéral peut lancer les négociations pour un accord de libre-échange.

Le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann (à droite) et le ministre malaisien du commerce et de l'industrie, Dato Sri Mustapa.

Le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann (à droite) et le ministre malaisien du commerce et de l'industrie, Dato Sri Mustapa.

Keystone

La Suisse et la Malaisie ont signé un document d'orientation qui en définit les objectifs et la portée: circulation des marchandises, commerce des services, propriété intellectuelle, investissements, marchés publics et développement durable.

Le chef du Département fédéral de l'économie et le ministre malaisien du commerce et de l'industrie, Mustapa Mohamed, ont affirmé leur volonté de renforcer le commerce et les investissements entre leurs deux pays.

La Suisse, un modèle

«La Suisse, qui figure toujours dans les top 3 mondiaux, est un pays dont nous pouvons beaucoup apprendre», a commenté Mustapa Mohamed. Ce dernier observe en outre que l'économie helvétique se porte mieux que celle de l'Europe.

Quant à la Malaisie, elle constitue une opportunité de diversification pour la politique économique extérieure suisse, parallèlement aux géants émergents comme la Chine ou l'Inde. De pays à revenu intermédiaire, elle ambitionne de devenir un pays développé à haut revenu d'ici à 2020.

«C'est un marché présentant un grand potentiel, avec près de 30 millions de consommateurs», note Johann Schneider-Ammann. Déjà troisième partenaire commercial de la Suisse en Asie du Sud-Est après Singapour et la Thaïlande, sa croissance économique annuelle dépasse 5%.

Les exportations suisses y ont grimpé de 11,8% à 718 millions de francs en 2011, mais stagné à 531 millions sur janvier-septembre 2012. Machines, produits pharmaceutiques et montres en forment la majeure partie.

Malaisie: une base régionale

En matière d'investissements directs dans ce pays, la Suisse est au 11e rang avec 1,7 milliard de francs pour près de 20'000 emplois. Une grande part des investissements mondiaux en Malaisie vont vers Penang, visitée dimanche par la délégation économique accompagnant Johann Schneider-Ammann.

«De nombreuses entreprises suisses sont présentes depuis longtemps en Malaisie», a souligné Mustapa Mohamed. «Nestlé, par exemple, a commencé ses affaires ici en 1912, et nombre de ses produits sont aujourd'hui des marques populaires sur le marché domestique. Nous espérons, bien sûr, que de nombreuses autres sociétés suisses envisagerons d'utiliser la Malaisie comme base pour atteindre les marchés du sud-est asiatique.»

Avant l'UE?

Selon le protocole, Johann Schneider-Ammann et son homologue malaisien étaient témoins de la signature opérée par l'ambassadeur Didier Chambovey, délégué du Conseil fédéral aux accords commerciaux, et la secrétaire générale du ministère malaisien. L'ambassadeur de la Norvège, qui fait partie de l'Association européenne de libre-échange (AELE) avec la Suisse, l'Islande et le Liechtenstein, assistait à la cérémonie.

Techniquement, les négociations étaient prêtes fin septembre. Il fallait attendre le feu vert du conseil des ministres de la Malaisie. La date du démarrage concret des négociations reste à déterminer - ce devrait être l'affaire de quelques mois.

Et pour la signature de l'accord, Mustapa Mohamed estime qu'un délai de deux ans serait «réaliste». Une prudence à mettre en relation avec le fait que les négociations de la Malaisie ne vont pas comme sur des roulettes avec l'Union européenne et avec le TTP (accord de libre-échange Trans-Pacifique).

Côté suisse, «nous sommes plus pragmatiques et flexibles», a expliqué à l'ats Didier Chambovey, qui juge qu'une durée d'un an et demi est envisageable. Il n'est même pas impossible que l'AELE, qui sait, grille la politesse à l'Union européenne.

La Suisse progresse ainsi dans le libre-échange en Asie. Elle dispose d'accords avec Singapour, le Japon, la Corée du Sud, et Hong Kong, et négocie avec l'Indonésie, la Chine, l'Inde, le Vietnam et la Thaïlande.

(ats)

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